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jeudi 14 février 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: QUAND INTERNET SOIGNE L'AMNESIE

Il ne fait pas bon d'avoir la mémoire défaillante car Internet n'est jamais bien loin pour vous la rafraîchir au cas où. Ci-dessous, un article trouvé en parcourant la toile, ce monde virtuel impitoyable. Cela dépend pour qui, notamment pour ceux qui ont des choses à cacher ou dissimuler. Il n'y a pas longtemps, en décembre 2002, un célèbre magazine panafricain écrivait ceci dans un article "La Carte maîtresse du Président", un portrait intéressant sur le Colonel Edouard Etonde Ekoto. Le moins qu'on puisse dire, c'est que certains ont besoin qu'on les aide à retrouver la mémoire. Cette fois encore, Internet l'a fait gratuitement et généreusement. Il vous reste à deviner de quels amnésiques s'agit-il ? La réponse est assez facile, voire élémentaire, comme le disait un certain Watson.

L3E




Sa fine moustache poivre et sel lui donne un air d’officier de l’armée des Indes. Et même si le colonel Édouard Etonde Ekoto a quitté l’uniforme il y a presque vingt-cinq ans, il conserve de sa carrière sous les drapeaux une rigueur toute militaire. C’est peut-être aussi pour cela que Paul Biya a choisi de le nommer à la tête de la Communauté urbaine de Douala (CUD), en avril 2001. Depuis dix-huit mois, l’hyperactif délégué du gouvernement se bat pour sa ville. Longtemps plombée par sa mauvaise réputation de frondeuse, négligée au profit de Yaoundé, l’agglomération commence à rattraper son retard sur la capitale du pays. Chantiers routiers, travaux d’assainissement, ramassage des ordures, éclairage public… les projets visant à rendre Douala plus vivable se multiplient. Pour se donner les moyens d’agir, Édouard Etonde Ekoto a réussi à décrocher un budget de 20 milliards de F CFA cette année (environ 30,5 millions d’euros), contre 8 milliards de F CFA en 2001. Ancien camarade d’école du chef de l’État, jouissant de sa confiance sans être de ses intimes, il occupe aujourd’hui un poste plus stratégique que la plupart des maroquins ministériels attribués avec calcul par l’hôte d’Etoudi. Natif de Douala, membre de l’ethnie éponyme, Etonde Ekoto, 65 ans, n’a pas été choisi par hasard. Si sa nomination tient compte de l’équilibre régional qui prévaut dans les hautes instances de l’État, le colonel est également diplômé de l’École supérieure de guerre de Paris et de la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr, en France. Dans les années soixante, il est affecté dans plusieurs localités de l’ouest du pays, avec notamment pour mission de réduire la rébellion de l’Union des populations du Cameroun (UPC).

Écarté des casernes en 1972 par le président Ahidjo, qui voit en lui un trublion potentiel, Etonde Ekoto a longtemps partagé son temps entre de multiples activités associatives et l’agriculture. Sitôt à la retraite de l’armée, officiellement en 1978, il se lance dans les plantations de fruits et légumes (bananes, haricots verts, mangues, etc.) et devient, dans les années quatre-vingt, président de l’Association des producteurs et exportateurs d’ananas du Cameroun (Anacam). Membre influent du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), il siège au conseil d’administration de plusieurs sociétés agro-industrielles, comme la Société des plantations de Nyombe-Penja (SPNP), avant de devenir, en 1999, président du Port autonome de Douala. Il n’hésitera pas, à ce poste, à tenir tête à son ministre de tutelle à propos de la gestion du terminal à conteneurs du port. Membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Etonde Ekoto héritera de la communauté urbaine de Douala à un moment pour le moins délicat. Le 23 janvier 2001, neuf jeunes gens interpellés dans le cadre d'une enquête sur le vol d'une bouteille de gaz, dans le quartier populaire de Bepanda, meurent au cours de leur détention dans les locaux du Commandement opérationnel. L’opposition anglophone en fait aussitôt des martyrs, et la ville tout entière s’embrase. Le prédécesseur d’Etonde Ekoto, Thomas Tobbo Eyoum, ne parvient pas à rétablir l’ordre. En avril, la sanction tombe : il est limogé par la présidence. Etonde Ekoto parviendra, lui, à calmer les esprits, aidé en cela par l’affaiblissement du Social Democratic Front. Le principal parti anglophone, que dirige John Fru Ndi, est d’ailleurs sorti passablement divisé des législatives et municipales du 30 juin dernier, alors que le RDPC a réalisé le grand chelem sur les rives du Wouri en conquérant les six mairies de l’agglomération et les neuf sièges de députés du Littoral. Etonde vient ainsi de faire son entrée à l’Assemblée nationale. Après avoir quitté ses plantations pour reprendre en main une poudrière de plus de deux millions d’habitants, le colonel n’a jamais été particulièrement tenté par la politique politicienne. Devenu l’une des cartes maîtresses de Paul Biya dans une région traditionnellement hostile au pouvoir central, saura-t-il résister aux sirènes de Yaoundé ?

Source: ICI

mardi 5 février 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: ESPOIR ET JOURNALISME



Au Cameroun, des journaux d'opinion, c'est à dire libres dans leur ligne éditoriale, il faut se lever tôt pour en trouver, comme vous l'avez remarqué à travers le procès de PAD. Mais il semble que cette réalité inquiétante pour l'éclosion de démocraties en Afrique ne concerne pas uniquement le pays des Lions Indomptables, lesquels ont remporté leur défi face aux Tunisiens, en Quart de finale de la coupe d'Afrique des Nations au Ghana. Le cas de "Jeune Afrique", du Bi-mensuel panafricain, n'en apporte t-il pas la preuve ? Bref, dans une environnement où la presse est à plat ventre devant le pouvoir politique, il reste tout de même une lueur d'espoir quant à l'existence de journaux libres et objectifs dans leur couverture des actualités, enquêtes et autres sujets d'information. C'est notamment ce que tendent à démontrer une Journaliste comme Suzanne Kala Lobé, du quotidien " La Nouvelle expression", et les journalistes de ce média en ligne "Jourquodidien.info" ,qui ont relayé une information importante pour la compréhension du verdict "politique" ayant condamné le Colonel Edouard Etonde Ekoto, à savoir que ce dernier n'avait même pas vu la couleur des billets de 20 millions relatifs aux primes alloués par le conseil d'administration du PAD. Force est de constater que la presse camerounaise dans sa grande majorité, 99%, a passé sous silence cette information. Pourquoi ? La réponse coule de source,il fallait un arbre pour cacher la forêt.
Cette fois encore, le journaliste Patient Ebwele du "Jourquotidien.info", à la différence des autres médias locaux, consacre un article qui relate objectivement la vie du Colonel Etonde Ekoto en prison. Il en ressort qu'il n'est pas prêt d'être abattu malgré la volonté de l'humiler que manifeste le pouvoir camerounais. Mais encore, et cela n'est pas fait pour rassurer ceux qui préparé méticuleusement son incarcération sous prétexte d'une opération "mains propres", il reste cet homme charismatique et très serein, qui sait très exactement pourquoi il se retrouve dans une prison, lui qui a toujours été très attaché à la stabilité de son pays, comme ce fut, par exemple, le cas lorsqu'il
contribua à rétablir le pouvoir du Président de la République en poste destabilisé par une tentative de coup d'état. C'était en 1984, il n'y a pas si longtemps que ça. C'est dire si l'amnésie et l'ingratitude sont devenues la devise du pays des "Lions Indomptables".

L3E

samedi 2 février 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: "JEUNE AFRIQUE" ET LE "GIROUETTISME"


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Une girouette, ça tourne toujours dans le sens du vent. Ce ne sont pas les dirigeants du Bi-mensuel Panafricain "Jeune Afrique" qui vous diront le contraire. Dans le billet
commentant leur refus de publier le "droit de réponse" envoyé par Me Mbongo Bwamé, avocate du collectif qui défend les intérêts du Colonel Edouard Etonde Ekoto, vous pouviez vérifier par vous même toute la duplicité des responsables de "Jeune Afrique". Pour cela, il suffisait simplement de lire l'article rédigé par la journaliste, Marianne Meunier, qui ne faisait que reprendre les informations véhiculées par le pouvoir camerounais: " Parce qu’il n’était plus admissible que le Cameroun figure systématiquement en tête des classements des États les plus corrompus de la planète ; qu’il était notoire que le PAD était la vache à lait de quelques-uns au détriment du plus grand nombre ; et que la Banque mondiale et le FMI ont exercé sur elles de fortes pressions, les autorités camerounaises se sont résolues à ouvrir la chasse à la corruption". Le moins qu'on puisse dire, ce n'est pas du journalisme mais plutôt de la courtisanerie. Facteur aggravant, la complaisance s'ajoute au refus de se déjuger par rapport à l'article qui chargeait le Colonel Edouard Etonde Ekoto.

Par conséquent, l'on en déduit que, non seulement "Jeune Afrique" ne veut pas déplaire au pouvoir camerounais en publiant le "droit de réponse" qu'il a reçu, mais en plus, il fait bien partie de ces "journaux" qui vont à la soupe quand ça les arrange. En clair, Béchir Ben Yamed et François Soudan (dirigeants du Bi-mensuel) sont de vrais retourneurs de veste, d'où cette dédicace d'une chanson sur mesure "L'opportuniste" de Jacques Dutronc. Pour durer, ils ne se compliquent pas inutilement la tâche: ils retournent toujours leurs vestes du bon côté du pouvoir. C'est une recette très "efficace", comme le démontre l'article du journaliste Alex Gustave AZEBAZE, ci-dessous, sur les financements qu'accordent généreusement les Omar Bongo, Sassou N'Guesso, Eyadema, Hassan II et autres potentats Africains au Bi-mensuel panafricain "Jeune Afrique". Après ça, on comprend mieux le sort réservé au "droit de réponse" du Colonel Edouard Etonde Ekoto.

"On savait sans doute que la presse panafricaine de Paris se débrouille pour mériter son rang. Mais les chiffres que publie “ Le gri-gri International ” révèlent une réalité où le racket publicitaire des Etats côtoie une corruption rampante de Jeune Afrique L’Intelligent, le plus important de ces médias, par les gouvernants africains douteux. L’affaire fait grand bruit dans le petit monde médiatico-politique de la Françafrique. C’est que dans son édition du 10 mars 2005, l’équivalent africain du “ Canard enchaîné ”, le bien nommé “Le gri-gri International ” a révélé les opérations financières, à la lisière de la corruption, de “Jeune Afrique” devenu “l’Intelligent ” dans la plupart des pays de l’Afrique francophone...." Suite de l'article ICI

L3E

vendredi 1 février 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: DE QUI SE MOQUE DONC BECHIR BEN YAMED ET FRANCOIS SOUDAN ?

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Le Bi-mensuel panafricain "Jeune Afrique" confirme l'adage qui veut qu'il soit plus facile de salir quelqu'un que de laver son honneur après l'avoir calomnié par voie de presse.Dans son article "Douala, la chasse continue", Marianne Meunier, la journaliste ou correspondante, écrivait sans aucune retenue: " Parce qu’il n’était plus admissible que le Cameroun figure systématiquement en tête des classements des États les plus corrompus de la planète ; qu’il était notoire que le PAD était la vache à lait de quelques-uns au détriment du plus grand nombre ; et que la Banque mondiale et le FMI ont exercé sur elles de fortes pressions, les autorités camerounaises se sont résolues à ouvrir la chasse à la corruption".
Or, comme l'a rappelé Maître Martine Mbongo Bwame dans son droit de réponse adressé au magazine Jeune Afrique : " la déclaration de culpabilité d'Edouard ETONDE EKOTO ne procède d'aucun fait établi, mais bien au contraire, les deux chefs d'accusation retenus pour sa condamnation sont clairement ressortis dans le jugement comme ne participant d'aucun fait à lui imputable." L'évidence est là, le Bi-mensuel "Jeune Afrique" devait rectifier le tir, c'était la moindre des choses à attendre de lui. Force est de constater qu'il n'en sera rien, loin de là. C'est bien ce démontre le "Droit de réponse " paru dans le numéro 2455. (page 97, pour ceux qui achèteront l'édition dans les kiosques)

Suite à l’article intitulé « Corruption. À Douala, la chasse continue » (J.A. n° 2449, page 24), nous avons reçu un droit de réponse de maître Martine Mbongo Bwane, avocate du colonel Édouard Etonde Ekoto, dont nous publions ici les principaux éléments.
« Le jugement dont votre article est censé donner le compte-rendu n’étant pas définitif comme frappé d’appel à ce jour, l’affirmation péremptoire “le flamboyant Edouard Etonde Ekoto devrait passer en prison les quinze prochaines années” pourrait paraître insidieuse en l’état. […] Votre article met en avant le préjudice allégué pour l’État à
40 milliards de F CFA […] et omet […] de dire que, dans le verdict, à peine 12 milliards […] sont retenus. […] Tous les procès en cours ne portent aucunement sur la lutte contre la corruption qui procède de l’article 134 du code pénal camerounais. Celle-ci n’est encore visée à ce jour par aucun procès […] .»
Le moins qu'on puisse dire, et le mot n'est pas assez fort, "Jeune Afrique" se moque ouvertement du Colonel Edouard Etonde Ekoto. Normal, disent certains, la girouette tourne systématiquement dans le sens du vent. Décidément, Béchir Ben Yamed et François Soudan sont bien en phase avec les despotes non éclairés qui oppriment leur peuple en Afrique. Pitoyable !
Leur retournement de veste est remarquable, il mérite bien une dédicace spéciale, à travers cette chanson "L'opportuniste" de Jacques Dutronc.

L3E

mardi 29 janvier 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: PETIT CONSEIL AU MEDIA 20MAI.NET

On vous disait combien les médias camerounais, une grande majorité, hélas, désinformaient leurs concitoyens, soit par paresse intellectuelle, soit par proximité avec le pouvoir camerounais. Cependant, pendant qu'une poignée de journalistes se posent des questions sur "l'opération épervier", comme le fait, par exemple, la journaliste Suzanne Kala-Lobé, du quotidien "La nouvelle expression", d'autres relaient toujours sans vergogne des fausses nouvelles, des "ont dit" et leurs analyses tronquées et biaisées. Pire, Il y en qui ne prennent même pas la peine de réfléchir, se contentant de porter des accusations sur la foi d'une décision de justice que l'on sait complètement basée sur des considérations politiques. C'est notamment le cas du site www.20mai.net présenté comme un "média participatif camerounais.....sans journaliste !"
Avec beaucoup d'indulgence, il faut en avoir avec les ignorants et les perroquets qui répètent ce qu'ils ont entendu dans les médias "mainstream" camerounais, on dira que ce site en est à ses premiers balbutiements, qu'il prend donc ce qu'il a sous le coude. Autrement dit, il ne faut pas s'attendre à ce qu'il prenne de la hauteur par rapport à l'environnement politico-médiatique camerounais.Pour preuve, il n'y a qu'à parcourir cette contribution fournie par celui qui a relaté l'affaire 3E:
  1. Par Nino le jan 28, 2008

    Mes preuves, c’est la décision de justice.

    Comme vous le savez, il revient à la justice de décider de la culpabilité ou pas, selon ses convictions et en se basant sur les faits qui sont portés à sa connaissance.

    Après la condamnation, la personne, devient, AUX YEUX DE LA LOI, coupable.
    Soit vous changez la loi, soit vous faites appel, soit il est coupable.

Que peut-on rajouter devant tant de légèreté évidente ? Tout simplement, on peut espérer, étant donné son modèle de média participatif, que ce site privilégie plus des contributions qui lui apporteront de la crédibilité, gage de pérennité. C'est tout le mal qu'on peut souhaiter aux administrateurs de cet "arbre à palabre où chacun a le droit de parler." Autant dire qu'il y a du boulot en perpective !

L3E

dimanche 20 janvier 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: BECHIR BEN YAMED ET FRANCOIS SOUDAN PUBLIERONT-ILS UN DROIT DE REPONSE ????


Le bi-mensuel Jeune Afrique, comme la grande majorité des médias camerounais, a colporté de fausses informations sur la condamnation du Colonel Edouard Etonde Ekoto. Preuve en est, sous la plume de sa correspondante au Cameroun ( ça reste à prouver), il a repris à la lettre ce qu'il était possible de lire dans la presse camerounaise, au lendemain du verdict du "procès du PAD". Parlant même d'un "aboutissement de la procédure fleuve ouverte en février dernier", la "journaliste" (entre guillemets, car ce n'est pas sûr) a écrit dans son article "A Douala, la chasse continue": "Ancien directeur général du Port autonome de Douala (PAD), le poumon économique du Cameroun, Alphonse Siyam Siwé devrait passer les trente prochaines années de sa vie en prison. Trois de ses collègues, le flamboyant Édouard Etonde Ekoto, ex-président du conseil d’administration, Siéwé Nitcheu François Marie, ex-directeur des infrastructures portuaires, et Simon Pierre Ewodo Noah, ex-directeur général adjoint, devraient l’y accompagner pendant, respectivement, quinze, vingt-cinq et dix ans ".

Quoi de mieux pour noyer le cas du Colonel Edouard Etonde Ekoto que de faire dans la globalisation; ce qui donne du crédit à l'idée de la "coaction", terme tant utilisé pour justifier son emprisonnement en compagnie de ses co-accusés ? Dans la foulée, comme emportée dans son élan de lyncheuse et de procureure BIS, écrivant sans faire passer son stylo sous le filtre de son cerveau ( elle doit en avoir un ), elle assène : " Parce qu’il n’était plus admissible que le Cameroun figure systématiquement en tête des classements des États les plus corrompus de la planète ; qu’il était notoire que le PAD était la vache à lait de quelques-uns au détriment du plus grand nombre ; et que la Banque mondiale et le FMI ont exercé sur elles de fortes pressions, les autorités camerounaises se sont résolues à ouvrir la chasse à la corruption......" Corruption ? Le mot est lâché: le Colonel Edouard Etonde Ekoto est un corrompu ! N'en doutez pas, c'est Marianne Meunier qui l'a écrit.

Or, ce que n'a pas dit pas cette dernière, comme l'a souligné Maitre Martine Mbongo Bwame, avocate du collectif Edouard Etonde Ekoto, dans son droit de réponse à Jeune Afrique: "la déclaration de culpabilité d'Edouard ETONDE EKOTO ne procède d'aucun fait établi, mais bien au contraire, les deux chefs d'accusation retenus pour sa condamnation sont clairement ressortis dans le jugement comme ne participant d'aucun fait à lui imputable" Que faut-il ajouter ? Rien, si ce n'est qu’il ne reste plus aux dirigeants de Jeune Afrique, Bechir Ben Yamed et François Soudan, celui là qui s'était auto-censuré sur l'affaire du courrier de Rachida Dati, qu’ à publier, conformément aux lois et règlements, le droit de réponse, ci-dessous. Nous ne doutons pas qu’ils l’ont bien reçu depuis deux semaines déjà. A défaut, les lecteurs et internautes en déduiront ce qui relèverait de l'évidence, à savoir que le bi-mensuel panafricain s'est couché devant la raison d'Etat à la sauce Françafricaine, plus précisément camerounaise.

L3E

Douala, le 07 janvier 2008

A

Monsieur le Directeur

de Publication de

JEUNE AFRIQUE

M. Béchir BEN YAHMED

Objet : Droit de réponse du Colonel ETONDE EKOTO

Monsieur le Directeur de Publication,

Nous avons été sollicités par le Colonel Edouard ETONDE EKOTO dont nous sommes les Conseils, à l'effet de vous transmettre pour publication, conformément aux lois et règlements, son Droit de réponse relativement à l'article le désignant et paru dans l'hebdomadaire JEUNE AFRIQUE n°2449, feuille du 16 au 22 décembre 2007 en page 24 par la plume de Marianne MEUNIER, sous l'intitulé "Corruption A Douala, la chasse continue".
Autant il est bien curieux que l'article en cause, monté sur une page de l'édition précédente de votre publication sous n°2448 du 09 au 15 décembre 2007, se trouve inséré de manière insolite dans l'édition ci-dessus visée, toute chose relativisant l'objectivité de l'analyse faite du jugement rendu... Ie 13 décembre, autant la tonalité donnée à l'élément publié et les sous-entendus entretenus, appellent les éclaircissements ci-après pour la bonne information de vos lecteurs.

1°) En ce que le Jugement dont votre article est censé donner le compte-rendu n'est pas définitif comme frappé d'appel à ce jour, l'affirmation péremptoire «le flamboyant Edouard Etonde Ekoto devrait passer en prison les quinze prochaines années» pourrait paraître insidieuse en l'état.

En cela, outre que la déclaration de culpabilité d'Edouard ETONDE EKOTO ne procède d'aucun fait établi, mais bien au contraire, les deux chefs d'accusation retenus pour sa condamnation sont clairement ressortis dans le jugement comme ne participant d'aucun fait à lui imputable.

2°) Votre article met en avant le préjudice allégué pour l'Etat à 40 milliards de francs Cfa, soit

63,2 millions d'euros (à l'ouverture du procès) et omet tout aussi insidieusement de dire que dans le verdict, à peine 12 milliards de francs Cfa (soit 18,3 millions d’euros) sont retenus.

Encore que cette décision retient paradoxalement et pour le seul besoin de chiffres à fort impact dans l'opinion, la somme de 900 millions (environ 1,4 million d’euros) comme "détournée" par ETONDE EKOTO en coaction avec le Directeur Général SIYAM SIWE, alors même que ledit jugement reconnaît qu'il ne s'est pas approprié les sommes à lui ainsi imputées, dès lors que celles-ci ont dûment été négociées et réglées à son insu par le Directeur général à des tiers qui l'ont reconnu.

Nous vous prions de noter pour l’édification de vos lecteurs, gens avertis, que tous les procès en cours ne portent aucunement sur la lutte contre la corruption qui procède de l'article 134 du Code pénal camerounais. Celle-ci n'est encore visée à ce jour par aucun procès, dès lors que les poursuites menées en l'espèce contre les dirigeants des sociétés en violation des dispositions légales en la matière, ne visent qu'à criminaliser en détournement de deniers publics, les actes de gestion que la loi camerounaise en conformité avec les actes communautaires de l'OHADA, qualifie d'abus de biens sociaux.
Aussi, vous remerciant pour la bonne règle, de la publication diligente du présent Droit de réponse comme vous avez déjà eu à le faire précédemment, et de la qualité du traitement à venir de l'information dans ce procès aux motifs manifestement non élucidés au Cameroun – connaissant bien le « flamboyant Edouard Etonde Ekoto », vous vous doutez bien que ce dossier est loin d’être clos.

Veuillez croire, Monsieur le Directeur de publication, à l'assurance de nos sentiments distingués.

Maître Martine MBONGO BWAME

Avocate du Colonel Etonde-Ekoto

samedi 12 janvier 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: QUAND LE JOURNALISME FAIT DU SENSATIONNALISME

Le Cameroun entre progressivement en ébullition. La faute à l'opération "Epervier"? La Faute à l'hypothèse d'un énième mandat du président actuel,en place "seulement" depuis 25 ans ? Les deux raisons sont à prendre en compte.
Aujourd'hui, le pouvoir camerounais semble plus que jamais engagé dans une fuite en avant, il est décidé à faire du Colonel Etonde Ekoto le RESPONSABLE de tous les maux qui frappent le Cameroun, à commencer par une corruption endémique. Le "journaliste"
Honoré FOIMOUKOM, du site camerounlink, qui s'est visiblement spécialisé dans traitement orienté de tout ce qui touche de près ou de loin l'ancien délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, se délecte des ennuis judiciaires à rallonge d’Edouard Etonde Ekoto.
Dans une jubilation à peine retenue, le "journaliste" relate l'enquête sur l’emprunt obligataire lancé auprès de la Douala Stock Exchange (Dsx) par la communauté urbaine de Douala via la Cud Finance SA. " Les ennuis judiciaires d’Edouard Nathanaël Etondè Ekoto sont loin d’être terminés. Très loin même." On remarque que l'ironie s'accompagne là d'un manque évident de mise en perspective. Par exemple, il n'y a aucun travail de réflexion ou d'analyse de l'effet d'aubaine que constitue la succession de charges contre l'ancien homme de Douala. Honoré Foimoukom est-il un journaliste ou propagandiste à la solde du pouvoir Camerounais? Comme se fait-il qu'il n'ait jamais apporté un éclairage sur la condamnation à 15 ans de prison qui frappe le Colonel Edouard Etonde Ekoto dans le cadre de l’affaire PAD ? Ce "journaliste" est-il au courant que le verdict du PAD a condamné un homme intègre sur la base de documents falsifiés et mensongers ?
Il faut croire que le plus important n'est pas la recherche de la vérité. Et pourtant, un cadre de la CUD, Lamine Mbassa (directeur des affaires économiques et financières de la Cud et directeur général de Cud Finance SA) est placé de manière expresse sous mandat de dépôt, le Colonel Edouard Etonde Ekoto, bien que déjà incarcéré depuis un mois, est encore harcelé par le juge d'instruction du TGI de Douala. C'est comme si tout était normal, malgré l'évidence que tout est très "politique" dans la descente aux enfers de celui que le pouvoir camerounais entend présenter comme l'ennemi public N° 1 du peuple, d'où le constat très amer d'un conseil de l’ex délégué du gouvernement: "Tout ceci n’est rien d’autre qu’un acharnement. Nous constatons avec amertume que ceux qui ont décidé d’étouffer le colonel Etondè Ekoto sont en train de tout mettre en œuvre pour réussir." Manifestement, le "journaliste" Honoré Foimoukom se régale et désinforme à tout va. C'est toujours mieux que d'informer réellement ses compatriotes sur le bidouillage constitutionnel qui veut transformer leur pays en monarchie de droit divin. Le moins qu'on puisse dire,c'est que le journalisme de caniveau a de beaux jours au Cameroun.

L3E

samedi 29 décembre 2007

SANDRINE ETONDE EKOTO PARLAIT DU " PROCES EPERVIER"

On ne dira jamais assez que le Colonel Edouard Etonde Ekoto a été victime d'un procès politique sous couvert de lutte contre la corruption. Il n'avait pas besooin de faire de la politique, comme le font la plupart des dirigeants Africains, pour s'enrichir. Sa fortune est faite depuis des décennies en tant qu'opérateur économique de renommée internationale. Aujourd'hui, l'ancien délégué du gouvernement est en prison,c'est l'occasion de revenir sur l'interview accordée par sa fille cadette, Sandrine Etonde Ekoto, qui se confiait au site cameroon-info, long entretien dans lequel elle évoquait le "contrat" mis sur la tête de son père. C'était il y a quelques semaines, le 14 mai 2007, l'issue du procès était un secret de polichinelle.

L3E


Nous rencontrons Sandrine Etonde Ekoto, la fille cadette de l’ancien président du conseil d’administration (PCA) du Port Autonome de Douala (PAD) qui fait face, avec 12 autres, à la justice actuellement au Cameroun. Edouard Etonde Ekoto est accusé de coaction de détournements de fonds et d’escroquerie foncière pour près de 2 milliards de francs CFA. Vu la longueur de cet entretien, nous avons jugé bon de le présenter en deux parties.


La famille

« C’est un temps difficile, déplaisant et frustrant. Heureusement qu’on est très unis, c’est ça qui nous garde forts. Et surtout, on a la chance d’avoir la foi, de croire en Dieu. Il donne la paix, Sa paix, même dans les pires tempêtes. Ça fait vraiment la différence ! »


Cameroon-Info.Net: Bonjour, Mlle Ekoto. Votre famille est-elle au courant de cette interview que vous nous accordez au nom de votre père ?

SEE : Bonjour, et merci de me recevoir. Oui, ma famille est au courant et elle est d’accord. Même ma mère qui, protectrice, ne voulait pas au début que je m’expose. Mais au fond, on l’est déjà tous et je trouve important que l’un de nous s’exprime. Appartenir à une famille ça vaut pour les bons comme pour les mauvais jours. Et je n’ai pas honte du nom que je porte parce qu’il est éclaboussé aujourd’hui. Petite précision, je ne parlerai pas ici à la place de mon père. C’est mon propre point de vue.

Cameroon-Info.Net: Vous avez décidé de communiquer dans l’affaire du PAD, dans laquelle est impliqué votre père. N’avez-vous pas des appréhensions à le faire, vu qu’elle n’est pas jugée ?

S. E. E :Pas du tout, je suis même bien contente de pouvoir le faire. Car trop de ‘divers’ circulent et dans bien des esprits (et parfois des écrits) le verdict est évident, l’affaire est déjà classée. Mais sur différents points j’aimerais, comme on dit en anglais, set the record straight. Ca veut dire clarifier les choses, s’assurer que ce qui demeure est vraiment exact. Sans bien-sûr entrer dans les secrets de la preuve pour ne pas nuire au procès.

Cameroon-Info.Net: Pourquoi cette interview et pourquoi avoir choisi CIN?

S. E. E : C’est avant tout pour plaider pour la justice et la vérité (pas pour mon père, croyez-le ou non). Si on n’obtient pas ça à la fin de toute cette effervescence, on sera tous perdants. Je souhaite aussi mettre en lumière des éléments qui n’ont pas forcément fait la Une mais aident à avoir une opinion éclairée. Et je veux susciter des « et si » et des « pourquoi », faire appel au sens critique qui va au-delà des apparences. Quant au choix de CIN, c’est simple : vous êtes un site sérieux que beaucoup consultent.

Cameroon-Info.Net: Comment va Mr Etonde Ekoto (moralement et physiquement) ? Et comment la famille arrive-t-elle à surmonter ces évènements ?

S. E. E :Pour quelqu’un qui est soumis à une telle pression depuis plus d’un an et qui a son âge, il va étonnamment bien. Cela en irrite plus d’un et on le taxe d’arrogance, mais tu ne changes pas un militaire: ils sont formés pour faire face à l’adversité. Nous, c’est autre chose. Alors on a bien hâte d’en finir. C’est un temps difficile, déplaisant et frustrant. Heureusement qu’on est très unis, c’est ça qui nous garde forts. Et surtout, on a la chance d’avoir la foi, de croire en Dieu. Il donne la paix, Sa paix, même dans les pires tempêtes. Ça fait vraiment la différence !


La justice

L’huissier chargé de remettre les convocations intimidé

Cameroon-Info.Net: Dans cette affaire du PAD, on a longtemps patiné sur des questions de forme. Pensez-vous que les droits de Mr Etonde Ekoto soient bafoués?

S. E. E : Oui, et depuis le début. Mais plus qu’un délit de faciès, c’est symptomatique d’un problème plus profond. Raison pour laquelle je réprouve la pensée que les questions de forme sont une ‘perte de temps’ ou une pirouette condamnable pour en gagner. La forme importe autant que le fond. La fin ne justifie pas les moyens ! S’il y a des infractions à la loi et au droit, il faut qu’elles soient dénoncées. Mais trop souvent, malheureusement, ce sont des sans voix qui en pâtissent. Triste mais réaliste, si ce dont on se plaint arrivait disons à un de ces jeunes prisonniers parqués des heures au TGI comme figurants aux premières audiences du PAD, ça ne ferait guère de bruit. Déjà que là, tu comptes les fois où les entorses sont vraiment relevées et commentées !


Cameroon-Info.Net: Pouvez-nous nous donner un exemple de ces entorses, comme vous dites ?

S. E. E :Le plus récent concerne le désaveu de la Cour suprême au TGI rendu public mi-avril : avant de continuer, il devrait d’abord ‘vider sa saisine’. Hors jargon, ça veut dire qu’il n’a pas fait son boulot. Depuis des lustres il a omis de régler des exceptions. Comme l’a noté un journaliste, sa réplique fétiche est « on va… ». Cette fois, en plus de reporter aux calendres grecques, il a carrément passé outre l’autre avis sans équivoque de notre plus haute cour Elle a en effet confirmé la décision du 12 mars de la cour d’appel de rejeter la liste de témoins du ministère public (vice de procédure). Toutefois, le 19 et le 24 avril, le TGI a poursuivi l’audition d’un témoin de cette liste, M. Mbida Amougou. Audace entamée le lendemain même de la décision de la cour d’appel ! On s’en souvient, la défense outrée avait quitté cette audience du 13 mars en signe de protestation. Ce que le tribunal ne semble pas avoir digéré puisque, le 19 avril, il a d’abord interdit le contre-interrogatoire dudit témoin. La défense se serait privée de ce droit et de la possibilité de vérifier les documents inconnus qu’on versait allègrement au dossier le jour où elle était sortie. Ça sentait tant les représailles, c’était si gros, qu’il a plus tard changé d’avis. Tout seul ? Quoiqu’il en soit, des abus comme ça sont légion et doivent être contestés ! Heureusement que le nouveau code pénal le permet davantage. Et en un sens, c’est une ‘chance’ que là, ça arrive à des gens qui peuvent réagir et dont le sort intéresse tout le monde.


Cameroon-Info.Net: Y a-t-il d’autres circonstances où, selon vous, les droits de votre père n’ont pas été respectés ?

S. E. E : Oh, que oui ! En voici. Et on parle bien de droits, pas de caprices !

1. Malgré des demandes répétées dès le début des auditions devant le juge d’instruction en octobre 2006, les avocats n’ont pas eu accès au volumineux dossier d’accusation (300 kg). C’est pourtant la moindre des choses de savoir ce qui t’est reproché ! Dans ces conditions, quelle défense peux-tu présenter? Le procès a commencé en décembre, toujours rien. Fin janvier, juste avant la reprise, on a daigné leur en donner une partie. Et là, fin avril, deux mille autres pages sont apparues. Enfin, disons que la défense a fait le forcing. Parce qu’on entendait même un témoin en se basant sur ces documents qui n’ont jamais été validés par les deux parties !

2. Pire, le dossier en question n’était pas classé ni numéroté ! Très sécuritaire, les feuilles volantes ! Tu peux en glisser ou en retirer sans problème. D’autant plus, quand ces précieux docs sont gardés dans une salle accessible. Laisseriez-vous traîner des affaires confidentielles sur la table de l’entrée chez vous? Non, pour éviter les fraudes ou les fuites. Question de bon sens et de précaution. Dans ce cas-ci, c’est même requis par la loi !

3. Comment peut-on accuser quelqu’un sur la base de photocopies ? Comment ne pas exiger (à l’instruction censée déterminer s’il y a des charges suffisantes) des archives du PAD ou de ministères concernés pour fins de vérifications? Non, on prend des on-dit pour argent comptant et on poursuit. Et la boucle est bouclée quand le magistrat instructeur se retrouve lui-même au TGI en tant que procureur. Même s’il y a des erreurs, comment pourrait-il se désavouer ?

4. Pourquoi ne pas avoir autorisé Etonde à récupérer ses dossiers du PAD à la CUD avant fin janvier? Etait-ce tellement aberrant qu’on a voulu noyer le poisson juste avant la reprise du procès? Vous iriez, vous, à un examen dont votre vie dépendrait sans étudier? Si c’est votre choix, vous l’assumez. Mais si on vous confisque vos livres et vos notes, et que vous ignorez même sur quelle matière porte le test, qu’en penseriez-vous ?

5. Les accusations de l’instruction ne sont pas celles qui se sont retrouvées au procès. Pourquoi les modifier ou en retirer? Après les auditions, elles ont été corrigées (sans crier gare), comme un test non concluant. Tu reçois la convocation au TGI et, surprise, le détournement s’est transformé en coaction de détournement. Faute de poids des charges individuelles ? Ou pour multiplier les chances comme à la loterie ? En tout cas, la conspiration est plus scandaleuse. Ça me fait penser aux fois où, petits, on s’essayait à réciter nos leçons devant nos frères avant de décider si on pouvait affronter les parents. D’habitude, on ne revient pas sur un travail bien fait.

Cameroon-Info.Net: Votre père a contesté la compétence du Tribunal de Grande Instance et a été débouté (en appel et en cassation) en déclarant que la matière concernant la vente d’une parcelle de l’espace portuaire est foncière et n’a rien à voir au Tgi. Pensez-vous que cet épisode peut compromettre la recherche de la vérité ?

S. E. E : Je ne vois pas comment, puisque c’est pour elle qu’on se bat ! On veut qu’elle soit vraiment manifestée. Et elle le sera un jour. La vérité finit toujours par triompher, quoi que les hommes fassent pour la museler, la tordre ou la détruire. Pour ce qui est des appels, le dernier, je l’ai dit, s’est soldé positivement. Ceux que vous mentionnez ont effectivement été déboutés. (Je reviendrai sur le contexte de ces rejets.) Mais je veux dissiper ici la confusion sur le motif de ces recours. (N’étant ni juriste, ni commerciale, pardonnez la simplification). Sur les sommes supposément détournées, la contestation a trait à l’identité même du PAD qui est une société un peu hybride: d’une part l’Etat est son actionnaire unique, de l’autre il est inscrit au registre du commerce comme une entreprise normale que régit l’acte OHADA. Selon la définition adoptée, l’affaire est très différente. Si le PAD est public, il y aurait détournements, les peines sont très lourdes et c’est jugé par une chambre criminelle. S’il est commercial, ça serait des fraudes, leurs punitions sont plus limitées et c’est jugé par une chambre correctionnelle. Ça change tout ! Comme il y a fossé entre crime et délit. Au correctionnel, ce procès serait bien moins sensationnel et mobilisateur. Mais à l’heure actuelle, hou lala, on a pillé le peuple ! L’idéal serait qu’une entité indépendante statue car chaque argumentation s’appuie sur des textes. Vive les subtilités des lois ! Ce qui me choque c’est qu’au lieu d’expliquer cette situation, on a présenté les appels comme un essai de dérobade ou de blocage ! Qui voudrait être jugé par la mauvaise cour ?

Quant à l’histoire du terrain, là aussi il y a matière à contestation. Et pas seulement du TGI. De l’accusation même. Car cette parcelle bien que dans l’espace portuaire a toujours été gérée par la ville ! Aucune direction du PAD n’avait jamais remis ça en cause. Pourquoi celle-ci le fait ET surtout incrimine Etonde en tant qu’individu alors qu’il a agi en représentant de la CUD puisqu’il était Délégué ? Mieux, on l’accuse d’avoir empoché les 300 millions alors que la ville s’en est servie pour construire la nouvelle gare routière de Yassa. Et la parcelle litigieuse n’est pas vendue, elle est louée et reste la propriété de l’Etat. Les textes sont clairs. Comment cette dispute administrative entre deux démembrements de l’Etat (CUD et PAD), comme on en a vu d’autres, est-elle devenue une accusation au criminel? Pour reprendre l’humour du Popoli (qui parlait, lui, du malaise du greffier le 27 février), il y a « magie noire au procès ».


Cameroon-Info.Net: Mais ne pensez-vous pas que les multiples appels de Mr Etonde Ekoto le desservent ? Tant qu’on n’entre pas dans le vif du sujet, il ne peut pas réellement se défendre et la frustration des gens augmente.

S. E. E : En un sens, vous avez raison. Mais c’est aussi un piège subtil dans lequel ni nous, ni les Camerounais, ne devons tomber. Après le 11 septembre, les Américains ont donné plus de pouvoir à l’Etat pour les protéger des Ben Laden et consort. Aujourd’hui, ils se plaignent qu’on empiète sur leurs libertés, ils n’ont plus le contrôle. Si notre pays sacrifie la vraie justice (qui prend du temps, c’est vrai) pour un semblant de justice plus instantané, on va le regretter ! Les Nouvelles du Pays titrait à la Une le 19 mars : « le nouveau code tue le procès ». Et en sous-titres « Face aux errements de la partie civile, Etonde Ekoto et Siyam Siwe se marrent… Le procureur et les magistrats coincés par les vices de procédure…La difficile assimilation du nouveau code va-t-elle sauver les présumés pilleurs… » C’est terrible de penser ça et encore plus de le répandre. Si les choses se faisaient dans les règles de l’art, il n’y aurait pas matière à appel. Preuve en est la décision de la Cour suprême du 9 avril ! Elle aurait balayé ces requêtes du revers de la main si c’était vraiment du dilatoire. En plus elle siégeait en chambre réunie ! Ça signifie que c’était tous les présidents des grandes commissions de la justice, la crème des crèmes de nos magistrats ! Eux qui ne se réunissent que pour des questions de droit pointues ont confirmé les écarts du TGI ! D’ailleurs, par souci d’avancer justement, il y a des détails procéduriers enfreints que la défense n’a pas relevés. On n’en finirait pas ! Et tout le monde est conscient qu’il faut s’ajuster au nouveau code. Mais quand l’abus est volontaire ou vraiment nuisible, tu ne peux pas subir sans rien dire. Peut-être n’auras-tu pas gain de cause, mais il y aura une trace. L’injustice doit être décriée pour que les choses bougent.


Cameroon-Info.Net: Qu’en est-il de la liste des témoins que Mr Etondè Ekoto a transmise au tribunal ? Il a été dit que certains, sinon la plupart n’ont jamais reçu de convocation.

S. E. E :C’est inexact. En fait, la plupart l’ont reçue sans problème. Là où le bât a blessé on va dire c’est pour des grands pontes de la capitale. Le pauvre huissier chargé de cette indélicate besogne aurait été intimidé avant d’avoir pu terminer son parcours (il lui restait à trouver un administrateur du PAD, M. Dayas Mounoume). Convoqué au parquet, il a dû se dessaisir des décharges, c-à-d les copies signées par les destinataires. Il n’avait donc plus les preuves que les concernés ont été informés. La situation a-t-elle été rectifiée ? Ces témoins vont-ils se présenter ? On est là, comme on dit au pays, on va voir.

Cameroon-Info.Net: Pensez-vous que tous ces témoins ont quelque chose à apporter pour la manifestation de la vérité ?

S. E. E :Sinon ils ne seraient pas sur la liste. C’est pièce par pièce, qu’elles soient petites ou grandes, que tu assembles un puzzle. Et à la fin tu as une image claire, l’évidence est sous tes yeux. S’ils ne témoignent pas, ce serait terrible. Pas pour Etonde, pour le pays ! Ça enverrait un très mauvais signal. A contrario, quand tu vois un de Villepin, tout premier ministre de France qu’il était, accepter d’être entendu dans le cadre du scandale Clearstream, ça véhicule que la loi, c’est pour tout le monde. La justice en est valorisée, et le peuple rassuré.

Cameroon-Info.Net: Avez-vous une explication à cette situation ? Mr Etonde Ekoto se sent-il lâché par le régime?

S. E. E : Si vous parlez de ces témoins hauts placés, ça n’a rien à voir. Ils viendraient faire leur devoir de citoyen, pas un geste de solidarité ! Encore moins une faveur. C’est une responsabilité légale, point, PAS de la politique ! Confondre ça, crée des problèmes. Dans cette perspective, il ne peut donc y avoir de déception : il n’y avait pas d’attentes. Elles auraient été infondées et malvenues ! Cependant, je ne prétends pas qu’au vu de tout ce qui se passe, mon père est indifférent. Il y a de l’incompréhension, des questions, c’est humain. Tu te demandes toujours pourquoi, quand les revirements sont soudains. De plus, comme il est de cette génération idéaliste et patriote qui a désiré l’indépendance et rêvé le Cameroun, il est très attristé de n’avoir pu achever sa mission, de n’avoir pas vu Douala relevée et restaurée. Et bien sûr il est blessé des attaques, des calomnies, des humiliations. Personne n’apprécierait une telle situation. Mais comme je l’ai dit au début, nous sommes aussi une famille chrétienne. Donc notre force et notre sécurité ne reposent pas sur des humains, si puissants soient-ils. Jésus l’a rappelé à Pilate. Notre confiance est en DIEU !


Cameroon-Info.Net: En dehors du fait que de l’étranger vous suivez évidemment cette affaire de près, vous étiez récemment au Cameroun. Y a-t-il des faits non conformes ou du moins suspects dont vous avez vous-même été témoin ?

S. E. E : A part les dégammages des médias, ce qui m’a le plus frappée, c’est toute l’intensité et la précipitation qui entourait l’affaire. Maintenant le tribunal déclare à qui veut l’entendre et montre qu’il n’a que faire des juridictions supérieures. A l’époque où j’y étais (décembre-janvier), ce n’était pas si évident. Et on se surprenait naïvement des étrangetés qui se produisaient, des largesses dont mon père ou l’affaire bénéficiaient. Après les auditions d’octobre, il y a eu des semaines d’inaction visible (on corrigeait la copie ? on renflouait le dossier ?). Puis boum, le 18 décembre l’ordonnance de renvoi au TGI est signifiée. Les charges sont suffisantes contre Siyam, Etonde et onze autres, mais pas contre les administrateurs. Dans la foulée, le début du procès est fixé à la semaine suivante. Quelle surprise ! Le lendemain de Noël ? Chez nous où on aime tant fêter ? Qu’est-ce qui pressait ? Peut-être, comme l’ont dit plusieurs observateurs du barreau, parce que le nouveau code pénal (qui offre on le voit plus de recours aux accusés) entrait en vigueur le 1er janvier. Coup de théâtre, l’audience du 26 avorte : les conseils d’Etonde ont fait appel. La contre-attaque n’a pas tardé. Dès le lendemain, convocation de la cour d’appel. Pour quand ? Le surlendemain, le jeudi 28. Quelle célérité renversante ! Dire qu’en temps normal les affaires peuvent prendre des semaines, des mois, à être enrôlées. Mais là, traitement de faveur. Le pire c’est que ça pipait les dés d’office. La décision rendue ne pouvait matériellement être adéquate. Comment la cour aurait-elle pu s’imprégner suffisamment du complexe dossier de 300 kg, je ne dis pas le maîtriser, en moins de 24h ? Par-dessus le marché, la défense n’avait pas en main les pièces de ce dossier. J’en ai parlé plus tôt. Comment se préparer dans ces conditions ? Heureusement qu’un autre administrateur du PAD avait gracieusement prêté les documents !


Cameroon-Info.Net: La défense a-t-elle mentionné tout cela ? Que s’est-il passé ? Dans le grand public, on a peu entendu parler de cette affaire entre le 26 décembre et la reprise du procès en février.

S. E. E : Et pourtant il s’en passait des choses. Un article dans Le Messager (7 février) a bien raconté ce ‘marathon judiciaire’. On se serait cru dans 24h Chrono, la série si populaire au pays en ce moment. Pour vous répondre, oui, la défense a fait état des courts délais et des difficultés de préparation. Imaginez, depuis le début, on ne leur avait donné accès au dossier qu’une seule fois, à peine quelques heures, dans une salle exiguë où ils devaient se tenir debout et où les 300 kg de feuilles volantes étaient empilées sur une petite table sans espace pour prendre des notes. Wow ! Les avocats de mon père, puisque c’était lui qui avait appel, ont dû plaider pendant quatre heures le 28 pour obtenir un renvoi. Et s’il vous plaît, il était de moins d’une journée ! Urgence, il n’y avait pas ? Après une nuit blanche, ils étaient donc de retour le lendemain, dernier jour ouvrable de l’année. La cour a rejeté l’appel en après-midi. Et quel dommage, les bureaux du greffe étaient déjà fermés ! Impossible de déposer un pourvoi en cassation. Attendre à mardi, il n’aurait pas été accepté, car hors délai. Les avocats ont foncé à la poste mais ses caisses étaient déjà fermées. Je ne dis pas que c’était un coup monté, soyons sérieux. Mais vu l’heure et le jour, en plus en période de Fêtes et au pays, c’était évident que les portes seraient closes. Un avocat a réussi à envoyer son pourvoi par courrier express. Par la suite, la Cour suprême elle-même a fait preuve d’une rare diligence puisqu’en moins d’un mois (alors que des affaires y sont depuis des années) elle a rendu sa décision. Comme quoi, les procédures peuvent parfois aller vite chez nous ! (Si vite qu’on oublie de faire signer le rejet de la cour d’appel par les magistrats en question avant de l’envoyer à l’accusé !)


Cameroon-Info.Net: Est-ce à dire que vous mettez en cause les cours supérieures ? C’est grave. Et ne pensez-vous pas qu’on peut s’interroger sur votre objectivité ? Vous avez applaudi la décision qui était favorable à votre père !

S. E. E : Ça peut effectivement avoir l’air biaisé alors je vais clarifier. Je n’accuse pas les cours supérieures. Elles ont des fonctions spécifiques et statuent sur ce qui leur est présenté. Elles ne refont pas le travail du magistrat instructeur ni du tribunal. Au foot, tu ne vois pas l’arbitre commencer à dribbler et à tirer au but, il n’est pas là pour ça. Mais sa responsabilité c’est d’être en forme et préparé pour le match. Ce qui n’était pas le cas, à mon avis, pour la cour d’appel du Littoral en décembre. Elle n’a pas pu maîtriser ce dossier en 24 heures ! C’est un constat, je ne la juge pas. Elle a fait du mieux qu’elle a pu, compte tenu des circonstances. Et ça ne sert à rien de se demander si son verdict aurait été différent autrement : tu joues la partie avec les cartes que tu as. Pour ce qui est de la Cour suprême, je n’aurais aucune raison de la montrer du doigt (si c’était mon intention), parce qu’elle ne juge PAS les affaires ! Elle se penche sur le droit, la conformité à la loi. Elle condamne ou confirme non les faits mais la procédure ! En janvier, comme en avril, elle a statué sur la forme. Dans l’un et l’autre cas, elle s’est prononcée par rapport aux textes, pas sur la véracité du contenu et a retourné l’affaire au tribunal pour les démonstrations. D’où la nécessité que le droit règne au TGI. Mais quand tu lis ce qui suit, là il y a lieu de questionner l’objectivité. « Nous avons demandé la liberté provisoire – rejetée par le Tribunal de Douala, nous demandant ce qui nous gêne de rester en prison étant donné que notre condamnation sera à vie ? ». C’est ce qu’ont écrit les accusés du PAD en prison à New Bell depuis plus d’un an, dans un trac annonçant une grève de la faim. Vous imaginez ? Si le tribunal est à charge, où va-t-on ? (Question rhétorique.) Le Messager, Mutations et La Nouvelle Expression ont rapporté ce propos choquant du tribunal. C’est déjà bien, mais ça n’occupait que quelques lignes dans leur résumé sur l’audience du 6 mars ! Ailleurs, ça aurait provoqué un tollé général !


Cameroon-Info.Net: Est-ce que dans la situation actuelle, tout ce que vous avez raconté vous fait penser qu’on en veut à Mr Etonde Ekoto ? Si oui, qui et pourquoi ?

S. E. E : Jeune Afrique s’est posé la question en octobre dans un article intitulé "Qui veut la peau du shérif ?" Et Le Messager avait un bon article le 11 mars sur Le syndrome de Saturne. Au risque d’avoir l’air de jouer la victime ou d’être parano, je vais répondre OUI. Il y a une volonté derrière tout ce qui s’enchaîne et qui perdure. C’est indéniable. A moins de faire preuve de mauvaise foi ou de ne pas avoir tous les éléments en main. Mais je ne pense pas qu’on puisse isoler une seule personne ou cause. C’est un ensemble de facteurs qui ont mené à tout ça. Certains sont relatifs à qui il est. De tout temps les gens qui semblent gâtés par la vie ont suscité jalousies et critiques. Ajoute à cela près de 70 ans de vécu dans l’armée, les affaires et récemment la ville et la politique, et tu auras incontestablement une kyrielle d’opposants. Il faut aussi reconnaître que sa forte personnalité, son impatience d’homme d’action et son franc-parler notoire (qui polarisent les opinions) y ont sûrement contribué. Au-delà de cela, je pense que les facteurs déterminants ont trait au contexte général du pays : la frustration légitime des populations face à la corruption, les échéances électorales, les pressions internationales... Le Messager avait un bon article le 11 mars. Bref, que ce soit personnel ou juste le business comme dirait le Parrain, sa tête est mise à prix. Comme dans les vieux westerns. Et la presse est devenue, de gré ou de force, le pistolet à six coups pour abattre celui qui était, rappelle-t-elle à profusion, ‘l’homme fort de Douala’.

ITW Sandrine E.E ( 1ère partie)



La presse

« La couverture médiatique est biaisée. Un, parce qu’elle ne présente pas tous les faits pour qu’on se fasse une bonne idée de la réalité. Deux, parce qu’elle focalise l’attention et la vindicte sur Etonde Ekoto. A tel point qu’on a l’impression que c’est lui le principal inculpé ! »



Cameroon-Info.Net: Si je comprends bien, vous n’appréciez pas le traitement que les médias font de cette affaire. Vous trouvez qu’ils sont contre votre père ?

Sandrine Etonde Ekoto : Parfois oui, je vous en donnerai des exemples. Mais ce n’est pas ça qui me dérange. Ils ont le droit d’avoir leur opinion. Mais qu’ils la présentent comme telle, pas comme des faits ! C’est irresponsable vis-à-vis de la vérité et de leur public. Avec le droit de s’exprimer et le rayonnement qu’ils ont, viennent des devoirs et standards, une éthique. Je sais de quoi je parle, je suis moi-même du milieu. Des tas de choses qu’on se permet chez nous n’iraient jamais sous presse ou donneraient lieu à d’incessants procès pour diffamation ailleurs. Comprenez-moi bien, je ne dénigre pas toute la profession, seulement certains de ses praticiens. Notre pays compte de bons journalistes, de vrais professionnels. Mais comme partout, il y a aussi des dilettantes, des maladroits, des paresseux. Plusieurs sont sensationnalistes, crédules ou dans le besoin. D’autres ignorants, négligents ou peureux. Une infime portion est aussi vénale, partisane et malveillante. Tout ce mix écrit, fait des reportages, communique. Pas toujours tout. Pas toujours bien. Et dans une affaire qui soulève autant les passions que celle du PAD, ou tous ces « procès Epervier », c’est dangereux. On conditionne l’opinion, on joue sur les émotions, sans pour autant informer, sans faire avancer les choses.

Cameroon-Info.Net: A leur décharge, ils travaillent sous une grande pression. Les Camerounais ont soif de savoir comment sont dirigés les établissements publics de leur pays.

S. E. E. : Ils ont raison ! Non seulement de vouloir savoir mais aussi de désirer des sanctions, après des années d’apparente impunité. Mais il faut éviter le mirage du désespoir. Si on te propose à boire dans le désert, tu ne seras pas très regardant, on s’entend. Eh bien, les médias n’offrent pas toujours de l’eau de source ! On a tous vu Erin Brokovich avec Julia Roberts qui luttait pour des familles victimes de l’eau polluée par une multinationale. On doit être critique, rejeter la superficialité et le kongossa et exiger plus de qualité et de substance. Sinon les conséquences sont désastreuses. Aujourd’hui, les Américains perdent des soldats sans fin et des civils meurent par centaines en Irak à cause du lavage de cerveau sur les armes de destruction massive de Saddam. Les rares sceptiques avant l’invasion étaient taxés d’antipatriotisme et réduits au silence. C’est un peu le reflet de notre état. Dès que tu questionnes ce qui se passe au tribunal ou la couverture médiatique, tu es indexé, rabroué… L’épidémie des détournements est réelle et on désespère que ça change. Des exécutions sommaires dans le sassayé sur la place publique vont-elles résoudre le problème ? L’empire romain a dominé des peuples entiers en les divertissant. Les spectacles électrisants dans l’arène leur faisait oublier leur misère et calmait les soubresauts de protestations. C’est tout un défi auquel les Camerounais font face, mais ils doivent faire comprendre à l’appareil judiciaire, aux politiques et aux médias qu’ils n’avaleront pas n’importe quoi pour étancher leur soif, ô combien justifiée de vérité et de justice.

Cameroon-Info.Net: D’après vous, c’est ce qui se passe dans le cas de votre père ? Le monde des médias ne s’est tout de même pas réuni pour s’acharner contre Mr Etonde Ekoto.

S. E. E. : Je ne dis pas qu’ils se sont concertés, ce serait ridicule de penser cela. Mais depuis plus d’un an il y a un véritable matraquage autour de mon père dans cette « saga Epervier ». Faites une revue de presse des derniers mois et je vous défie de me contredire. Apparemment, son nom et sa photo sont vendeurs ! Ex : on parle des menaces de grève de la faim des accusés du PAD incarcérés à New Bell, c’est sa photo qu’on met. Comme dans les pubs quand, pour te vendre n’importe quoi, ils mettent une fille sexy ou un beau gars. Sauf que là c’est très dommageable, ça crée un vif antagonisme. Si j’avais été exposée à tout ce battage pendant si longtemps et SANS le connaître, moi aussi je croirais qu’il est le pire des hommes et je voudrais sa peau ! Le négatif est amplifié, le positif est passé sous silence ou mentionné à la va-vite. Comme la récente décision de la Cour suprême. Il n’y a que Le Front qui en a vraiment parlé. Mais les appels déboutés, ça, ça a fait les manchettes. Voici d’autres illustrations de ce phénomène.

1. Saviez-vous que c’est lui-même qui a demandé la levée de son immunité parlementaire, écrivant même au chef de l’Etat ? Non, car cette mise à la disposition de la justice a été présentée comme un désaveu de ses pairs, du régime. Personne n’a évoqué non plus la bonne foi dont il a fait preuve en écourtant son voyage à l’étranger pour rentrer quand il a été remplacé à la CUD.

2. Saviez-vous que c’est lui qui a prié Me Nico Hale de se déconstituer en octobre ? Non, car ledit avocat a clamé qu’il s’était désisté. Mieux, « …sa probité, son intégrité morale et sa crédibilité ne le destinent pas à plaider une affaire lorsque sa conscience n’est pas tranquille. » a rapporté Mutations (19 octobre). The Herald, Le Messager, la revue de presse de la CRTV, etc. y ont fait écho, sans interroger l’autre concerné. La vérité est que Me Hale a été remercié parce qu’on a découvert qu’il était en conflit d’intérêts : il défendait le PAD dans des affaires connexes !

3. Saviez-vous à quel point c’est insensé que les autres administrateurs n’aient pas été accusés de choses qu’on lui reproche alors qu’ils prenaient les décisions ensemble ? Non, car on s’est peu étendu sur le sujet, comme Mutations (20 décembre) : « Pour leur part, et curiosité tout de même, tous les anciens administrateurs ont bénéficié (sic) d’un non lieu. » Et voilà.
4. Saviez-vous que les indemnités dans d’autres entreprises publiques (SNH, SCDP, SONARA…) sont de loin supérieures à celles du PAD du temps d’Etonde ? Non, car les vraies analyses manquent. On ne vous dit pas non plus que la nouvelle direction du port (qui poursuit les accusés !) a fait passer les indemnités de session de 400 à 700 mille FCFA par administrateur !

5. Saviez-vous que la cour d’appel a essayé le 7 mars de faire une audience dans le dos de la défense ? Seul un des avocats était présent et, chapeau, il a protesté. Le bruit a aussi couru et les autres ont été alertés. Finalement tout s’est passé en bonne et due forme le lendemain. De ce que j’ai vu, seule La Nouvelle Expression (8 mars) a pris la peine de vraiment rapporter (brièvement) le détail révélateur : «…audience visiblement improvisée. Car sur les rôles du jour, on constate que cette affaire du Pad est mentionnée au 29e et dernier rang… et elle est écrite à la main et à l’encre violette, alors que les 28 premières affaires sont saisies et imprimées. » Tiens donc !

Bref, la couverture médiatique est biaisée. Un, parce qu’elle ne présente pas tous les faits pour qu’on se fasse une bonne idée de la réalité. Deux, parce qu’elle focalise l’attention et la vindicte sur Etonde Ekoto. A tel point qu’on a l’impression que c’est lui le principal inculpé !

Cameroon-Info.Net: Ne pensez-vous pas que cette présentation de l’affaire est due à la notoriété incontestée de Mr Etonde Ekoto ?

S. E. E. :C’est vrai que ça pèse dans la balance et par rapport aux autres accusés, je comprends. Mais avec M. Siyam Siwé, cette justification tient moins la route. Il n’est pas le premier venu et a occupé des postes plus importants dans l’appareil de l’Etat. En plus, c’est lui qui gérait le PAD sur une base quotidienne. Et il est accusé d’avoir détourné 18 fois plus que mon père ! Pourtant on dirait que les rôles sont inversés. Attention, je n’essaie pas d’enfoncer l’ex-DG, j’attire l’attention sur le matraquage nocif en cours. Pour tout et rien. Ex : ne vient-il pas aux audiences dans ‘sa grosse cylindrée’, vêtu comme ci, chaussé comme ça ? Plus que tout, c’est malhonnête intellectuellement. Il est comme ça depuis plus de 20 ans ! Ses biens ne proviennent pas de ces dernières années au port ou à la ville. C’est le résultat de 40 ans de labeur de lui et de ma mère ! Mais on présente ça comme les évidences de ses détournements. On dénigre la moindre de ses attitudes. Il sourit, on dit qu’il nargue. Il est calme : il ‘s’en fout’. Il sort en public : il ‘parade’. Il reste chez lui : il ‘se terre et jouit, loin des regards, de son pillage’. Il ne se couche pas à terre comme un chien mort, il est accusé de défier la justice ou d’être imbu de sa personne. Cet horrible portrait sans cesse martelé fait de lui le méchant dans le film. Et tout ce que tu veux, naturellement, c’est qu’il se fasse fracasser. Vite et bien.

Cameroon-Info.Net: Pouvez-vous être plus précise. Quels sont les titres que vous condamnez ? Quels sont les points dans leurs analyses que vous trouvez intolérables ? Y en a-t-il quelques-uns qui trouvent grâce à vos yeux dans le traitement de cette affaire ?

S. E. E. : Bien sûr et heureusement. Tous ceux qui font leur travail, je ne parle pas d’être "pro-Etonde" mais professionnels, je n’ai rien à redire. S’ils rapportent les faits avec soin, présentent objectivement les différents points de vue et ne mélangent pas rumeurs, opinions et reportages, c’est bon. La plupart du temps, Le Messager, La Nouvelle Expression et Mutations se débrouillent bien, même s’ils sont durs parfois. Le Front aussi. Mais il y en a d’autres…La présomption d’innocence, la rigueur, l’éthique, ne sont guère au rendez-vous. Jugez vous-mêmes.

1. La Détente Libre (02-10): « … son limogeage vivement souhaité… un long voyage vers Kondengui… Siyam avec qui il a pillé le PAD… Enfin l’heure des comptes a sonné… Les chemins du pillage de ces deux individus se sont trop souvent croisés pour le malheur de la fortune publique… avec certainement la complicité du colonel… se sont aussi largement sucrés avec… pour pouvoir piller en rond ils se sont acoquinés… »

2. Dikalo (29-12): « …Siyam et Etonde, deux poids, deux mesures… défi pour la justice… I'un transporté dans un véhicule de marque Mercedes, tandis que l'autre dans une pic-up 4x4 entouré de gendarmes armés jusqu'aux dents… son éviction et la levée de son immunité a semblé dire que l’heure de l’impunité était derrière nous… s’achemine-t-on vers une véritable mascarade ? »

3. Les Nouvelles du Pays (22-01) : «… Siyam, Etonde et leurs acolytes vivaient dans une nébuleuse… tour de verre. De là vient sûrement leur chute… en attendant… les prédateurs du Pad peuvent plastronner, comme cela s'est vu le 26 décembre dernier, parce que bénéficiant encore de la présomption d'innocence. »

4. Le Supplément (02-02): « Etonde E. sollicite l’arbitrage de Biya… Des sources (sic) bien introduites, l’on apprend que l’ex-délégué du gouvernement de Douala, a récemment adressé une lettre au chef de l’Etat, afin qu’il use de son pouvoir, pour le sauver d’une condamnation imminente… c’est le chef suprême de la magistrature qui veut qu’il comparaisse libre, contrairement à Siyam Siwé qui, lui, ne peut bénéficier du même avantage parce qu’il n’est pas le camarade de classe de Paul Biya’ »

5. La Nouvelle Presse (19-02): « L’étau se resserre... sur Siyam... et son réseau où figure en bonne place Etonde Ekoto… prédateurs en chef (sous des photos de Siyam et Etonde)… Quand un ingénieur polytechnicien et un militaire de haut rang, formé à la prestigieuse académie de Saint Cyr, mettent leur intelligence ensemble pour piller le patrimoine d'un des symboles de l'Etat… ne sont pas allés du dos de la cuillère pour puiser allègrement dans les caisses du PAD… »

6. Popoli (14-03): « Cet arrêt n’est pas sans incident (sic) sur la suite de l’affaire, lorsqu’on sait que de grosses légumes basées à Yaoundé à l’instar de Amadou Ali, les généraux Asso Emane et nkoa Atenga avaient été cités comme témoins par l’accusation et devaient pour cela se présenter au tribunal. Et si l’arrêt de la cour d’appel ne subit aucune modification, ces « njimtêtés » dont les vomissures auraient pu éclairer l’affaire pourraient désormais suivre la suite de l’affaire, engouffrés dans leurs salons huppés de Yaoundé. »

Vous vous rendez compte ? Ce ton, ce vocabulaire et cette condamnation extra judiciaire n’ont pas leur place. Mais en plus c’est truffé de faussetés ! Et pas seulement à l’endroit de mon père !

Cameroon-Info.Net: Désirez-vous apporter des correctifs sur des points qui seraient, selon vous, erronés ?

S. E. E. : D’accord, mais je ne vais même pas réagir aux « affirmations » de pillage. Elles sont tristement courantes. Mais il y a une erreur grossière et inadmissible et un mensonge éhonté et mesquin que je dois pointer. L’erreur, c’est dans Popoli sur les généraux Nkoa et Asso. Ils ont été cités à comparaître par la DÉFENSE (Etonde), pas l’accusation ! Et surtout, présenté comme ça, (j’omets l’insulte ‘vomissures’) ils semblent incriminés dans l’affaire. Or, s’ils sont sur la liste de mon père c’est comme témoins de MORALITÉ parce qu’ils le connaissent depuis des années ! Mais en une phrase on a sali leur réputation et créé la suspicion. C’est inacceptable ! Le plus sordide, c’est que ces lignes ont attisé la rancœur et la frustration du peuple. Encore des gros bonnets qui s’en sortent, ont-ils dû conclure. Alors que c’est complètement faux. MM. Asso et Nkoa ne sont en rien mêlés à l’affaire du PAD !

Quant au mensonge, qui est vicieux, c’est l’article entier de « Le Supplément ». Sous couvert de ‘on’ et de ‘sources’ (ce qui ailleurs décrédibilise), l’attaque est d’une telle force et si cruelle que je n’en reviens pas. Je veux dire ici aux Camerounais qu’on les a effrontément trompés. Mon père n’a JAMAIS demandé au Président de le soustraire à la justice ! Il a trop d’honneur et trop de respect pour son pays pour s’abaisser à ça. On a tenté d’exacerber votre colère, ne tombez pas dans le panneau. C’est également sournois d’essayer de monter M. Siyam contre lui par l’attribution de propos ridicules. J’ai lu ce que mon père a vraiment écrit au Chef de l’Etat et il n’a demandé de faveurs ! Ce qu’il a souhaité c’est une justice réellement impartiale et non une immolation bâclée sur l’autel de quelques intérêts obscurs et inavouables ! La méchanceté et la fausseté de cet auteur n’ont d’égal que la négligence et l’aval coupable de ses supérieurs. Quand bien même ils auraient été victimes de ces fameuses ‘sources’. C’est leur responsabilité de vérifier, de rapporter LA vérité. C’est loin d’être le cas et en plus leurs attaques sur mon père sont vraiment personnelles.

Cameroon-Info.Net: Que voulez-vous dire par là ?

S. E. E. : Que c’est l’homme lui-même qui est visé, sa réputation. Tu peux commettre un crime sans être un criminel. Mais le portrait qui est fait d’Etonde est qu’il est intrinsèquement mauvais. Conséquence, partout où il va, tout ce qu’il fait est condamnable. Exemples.

1. L’an dernier, on a scandé son éviction de la SIC et déblatéré sur sa voracité de cumulateur de fonctions. Mutations (25-01) : « Etonde Ekoto n'a pas apprécié son limogeage… est là, visiblement énervé. Il va et vient, tourne sur place. ‘Qu'est ce qu'il y a avec toutes ces cérémonies ? Est ce que quand on me nommait il y avait eu tout ça ?... n'a pas changé d'attitude… toujours aussi nerveux et n'a de cesse de s'agiter sur son siège. Ne pouvant plus supporter "cette cérémonie"… sort en toute vitesse de la salle tout en maugréant... »

2. On se ‘lâche’ aussi depuis janvier sur la CUD et on fait la pub d’un doublé (Les Nouvelles du Pays, 29-01) : « Vers une double condamnation… En dépit de l’agitation du conseil juridique d’Etonde… Ce n’est pas faute d’avoir essayé de ralentir la procédure… une étiquette qui lui colle si bien à la peau : celle de prévaricateur attitré des finances publiques… les enquêtes en cours (…) viendront, une fois de plus, révéler sa collusion… la levée de son immunité présageait déjà de son inculpation à venir, et à terme, de sa condamnation assortie d’une mise aux arrêts… une porte de sortie (…) un aveu de culpabilité… un engagement à restituer les fonds distraits. Mais connaissant l’orgueil du mis en cause, de telles éventualités sont certainement à battre d’un revers de la main, sauf pour lui de se faire littéralement hara-kiri. »

3. En fait, on le rend coupable de tout. Après un incendie mineur à la CUD, Aurore Plus a titré (23-01) : « Manœuvres de sabotage ou incident malheureux ? », avec une photo d’Etonde (jubilatoire) et de M. Ntone (sombre) dont la légende était « Le torchon brûle-t-il entre les deux ? ». Et tu lis « Aurait-il dès lors commis quelque comparse à la basse manœuvre visant l’extinction de preuves accablantes ?... Se sachant dos au mur (…) il ne pouvait que penser une telle issue… Ntone a plus qu’intérêt à se méfier des réseaux d’Etonde Ekoto qui sont tapis dans l’ombre et n’attendent qu’une seule erreur pour frapper… des loups qui sont restés dans la garderie (sic). Si cet incendie se présente comme leur premier forfait, qu’en sera-t-il des prochains jours… »

J’arrête ? Vous en avez assez ? Et nous donc ! Imaginez ça à longueur de semaines depuis plus d’un an ! Est-ce qu’ils réalisent la portée de leurs mots et leurs conséquences ? Ils ont inoculé la haine au cœur des gens ! C’est complètement IRRESPONSABLE ! Aujourd’hui c’est juste une personne qui est diabolisée. Si demain ça devient un groupe, une ethnie, qu’est-ce qui va arriver, vous croyez ? Les médias ont trop de pouvoir pour se permettre d’en user inconsidérément. Et nous on ne peut plus se permettre de les laisser en abuser impunément !

Cameroon-Info.Net: Cela veut-il dire que Mr Etonde Ekoto compte les traîner en justice pour diffamation ?

S. E. E. : À sa place, j’en aurais déjà poursuivis plus d’un ! Mais pour l’instant, il a sa dose de procès, on va dire. Et à la base, ce n’est pas quelqu’un qui aime les histoires, les confrontations inutiles. Les hommes de guerre connaissent la valeur de la paix. Alors ce qu’il fait en premier, quand il y a une erreur importante, c’est qu’il use de son droit de réponse. Il l’a fait par exemple, longuement et preuves à l’appui, dans l’article Ma part de vérité (Le Jeune Enquêteur, 20 mars), par rapport à CUD finances et au présumé scandale de l’emprunt obligataire (s’il est si mauvais, pourquoi fait-il des émules ailleurs en Afrique ? Notre gouvernement aussi veut l’imiter).

Si la publication a assez de hauteur pour reconnaître sa faute et mettre le correctif en bonne place, ça s’arrête là. Ex : Jeune Afrique qui s’était trompé aussi sur son limogeage de la SIC. Ils ont publié sa réplique et confirmé qu’effectivement, il ne pouvait avoir été saqué puisque jamais nommé : il a juste assuré l’intérim à la mort de M. Kwayeb parce que le Délégué est d’office premier vice-président de la structure ! Au local, Le Front qui avait commis la même erreur que Popoli sur les généraux témoins l’a corrigée. Parfois ça se passe moins bien : La Nouvelle Presse a publié sa réponse sur le « réseau de pilleurs » mais l’a accompagnée de propos désobligeants. C’est désolant. Dans des cas comme ça tu te dis que OUI, la meilleure solution serait un procès. Mais quand c’est trop bas, ça ne vaut même pas la peine de relever. Tu espères qu’ils seront ignorés ou que le public aura le discernement de ne leur accorder aucun crédit.

Mais franchement, il faut que les choses changent, c’est trop grave ! Aujourd’hui les médias peuvent dire n’importe quoi, n’importe quand, n’importe comment. Ce n’est pas cela la liberté d’expression. Il y a des responsabilités ! Mais si l’éthique fait défaut, on gagnerait à avoir des lois sur la communication plus sévères. Ça mettrait les charlatans sur la paille et ça assainirait le milieu. Et ça donnerait plus de place aux vrais professionnels pour nous informer, nous faire réfléchir, débattre des sujets en profondeur, refuser de façon constructive le statu quo et faire avancer le pays. Pour cela, il faut que nous, le public, on les pousse. Si ça doit passer par une horde de procès, soit. Il faut leur mettre la pression.

Cameroon-Info.Net: Ne pensez-vous pas que c’est peut-être une trop grande pression justement qui occasionnerait certains manquements ou erreurs ? Leur travail n’est pas de tout repos dans le traitement de ces affaires de corruption.

S. E. E. : C’est très vrai, ils ont de lourdes responsabilités sur les épaules et ça ne doit pas être facile. Ça vient s’ajouter aux fardeaux quotidiens d’être productif, de rester compétitif, plus les soucis personnels. Mais même si les attentes sont grandes, parfois démesurées, ça ne peut être excusé pour baisser ses standards, ignorer l’éthique ou se prostituer. Par ailleurs, c’est lâche de se cacher derrière « ce que veut le peuple » pour faire un travail approximatif, colporter des rumeurs ou travestir la réalité. Les médias sont là pour éclairer l’opinion pas pour l’enduire d’erreur. Dans le cas d’Edouard Etonde Ekoto, ils ont failli à leur mission. Pas tous, pas tout le temps, mais dans l’ensemble. Ils ont créé un monstre, un ennemi public déjà coupable et ont contaminé la population avec leurs avis infondés. A présent, le feu qu’ils ont allumé, ils ne le contrôlent plus. Les gens sont amers, à cran, Etonde est devenu le catalyseur de leur ressentiment vis-à-vis de tout ce qui ne fonctionne pas. C’est devenu si passionnel que l’éventualité qu’il ne soit qu’un bouc émissaire ne fait sourciller personne. S’il l’est, tant pis. Trop ont échappé. Ils sont formatés, conditionnés, pour sa condamnation. Une autre fin serait perçue comme une trahison, une fraude. Encore heureux que ce ne soit pas un procès devant un jury. Où aurais-tu trouvé des jurés sans impartiaux ? C’est dramatique d’en être là ! Mais comment les blâmer ? Même si leur colère, leur haine parfois, fait très mal (comme lorsque, incognito dans la foule, je les écoutais à la première audience), je ne peux leur en vouloir. Ils sont mal renseignés (désinformés ?). Mais il n’est pas trop tard pour bien faire. Ça va nécessiter du courage et des risques proportionnels aux pressions, mais c’est possible. Et nos médias se doivent, nous doivent, plus que jamais d’être la boussole, la voix de la raison. Pour ce faire, ils ne doivent céder à AUCUNE pression ni sollicitation. Tout comme les magistrats. C’est leur indépendance qui garantit la manifestation de la vérité !

Les responsabilités

« Le PCA ne gère pas la structure et le consulter n’est pas requis pour chaque décision. Il ne négociait pas les contrats, n’attribuait pas les marchés, ne touchait pas aux finances, etc. Si cela avait été son rôle, il n’aurait jamais pu le concilier avec la CUD où il passait tout son temps. »

Cameroon-Info.Net: L’opération Epervier était déclenchée depuis 6 mois, au moment où Mr Etonde Ekoto a été remplacé à la tête de la Communauté Urbaine de Douala. A-t-il eu alors des inquiétudes sur son sort après son éviction ?

S. E. E. :Est-ce qu’il avait peur, vous voulez dire ? Non, pas du tout. Il voulait bien sûr savoir ce qui allait se passer, quand, comment. Dans sa logique d’homme d’action, il était soulagé et pressé de pouvoir enfin se défendre. Raison pour laquelle je l’ai dit, il avait demandé la levée de son immunité et est rentré dare dare de voyage en septembre. Il voulait que les choses se règlent vite pour pouvoir entamer tranquillement sa retraite. D’aucuns pensent qu’il était abattu et frustré de son éviction, ce n’est pas le cas. Fatigué physiquement et mentalement, il aspirait au repos et avait déjà décidé de demander à être remplacé à la CUD cette année (2007). Tout comme il avait en 2002, dès qu'il est devenu député, exprimé son désir de quitter le PAD. Il ne lui serait resté que son poste de député dont le mandat s’achève cet été. Tous ces cumuls, nous on le voyait, c’était loin d’être le paradis : il était submergé, désabusé aussi. Et puis je pense qu’il en avait assez des réunions, de la paperasse. C’est un homme de terrain pas de bureau. Bref, il se disait qu’à presque 70 ans, le temps était venu de s’arrêter et de passer le flambeau. Donc il a bien accueilli son remplacement. L’agitation, les excès, dans lesquels ça s’est fait, par contre, l’ont déçu. Entre autres le fait qu’il n’ait pas pu, comme c’est pourtant la coutume, faire son bilan et s’adresser aux populations. Pourquoi ? D’ailleurs, comment se faire du souci pour le PAD puisqu’il était persuadé que ses auditions montreraient que rien ne l’incriminait. Il n’imaginait pas un procès, encore moins dans ces conditions. A-t-il des inquiétudes aujourd’hui ? Oui ! Et pas parce qu’il aurait retrouvé la mémoire sur les fortunes qu’on lui cherche en vain dans les paradis fiscaux. Ni parce qu’il serait ce condamné dans le couloir de la mort qui réalise que la fin est proche. Non, c’est qu’il se rend compte que l’enjeu n’est PAS ou n’est PLUS qu’il ait fait ou non ce qui lui est reproché.

Cameroon-Info.Net: Parlons-en de ces accusations. Mr Etonde Ekoto est inculpé pour détournements (requalifiés en coaction pour quelques-uns : 3.800.000 F de prime de naissance du PAD avec Mr Siyam Siwe, 400.000.000 F CFA où s’ajoute Mr Babila Tita) et d’escroquerie foncière au préjudice du PAD. Sans vouloir entrer dans le fond d’une affaire en jugement, ne pensez-vous pas qu’il est au moins responsable (je ne dis pas coupable) des faits qui lui sont reprochés de par sa fonction de PCA ?

S. E. E. : Je l’attendais celle-là. Et j’y réponds NON. Non, même si on ne parle pas de culpabilité pure et dure. Vous vous dites sûrement et vos lecteurs aussi, c’est normal, c’est sa fille. Mais au-delà du fait que je sais pertinemment que ce n’est pas un voleur parce que je le connais en tant que personne, que je connais ses valeurs, son amour pour le pays et l’importance qu’il attache au travail, à l’effort, c’est aussi sur la réalité que je me base. Les faits sont là. J’ai déjà parlé de la supposée escroquerie foncière. Oui, il a signé le bail avec MAERSK : normal, il était le Délégué, il représentait la CUD ! (La ville a de tout temps géré ce terrain de la place UDEAC, et aucune direction du PAD ne l’avait jamais contesté). Et les 300 millions payés ont servi à la CUD pour aménager la nouvelle gare routière à Yassa. Comment peut-on l’accuser de les avoir empochés ?

Je suis convaincue que toutes les accusations fallacieuses contre lui se révèleront telles quelles sont, comme ça vient de se passer à la 9e audience le 3 mai : lors du contre-interrogatoire (enfin autorisé) le ‘témoin expert’, ce M. Mbida Amougou dont on a déjà parlé, a avoué que la mission de contrôle du l’Etat n’avait pas eu le temps de terminer son travail. Oh ? Ils n’ont même pas rapproché leurs hypothèses de la comptabilité du PAD ! C’est fort ! Et c’est sur ça que l’instruction s’est basée pour lancer au visage des Camerounais des sommes pharamineuses ? Hum… Mieux, ledit témoin qui a avait soutenu mordicus que Etonde et Siyam s’étaient partagés la prime spéciale de 3,8 millions que vous venez de citer a fait marche arrière dans la confusion la plus totale quand un avocat de l’ex-DG l’a confronté à un document qui prouve que cette prime a été distribuée à TOUS les administrateurs.

1) pourquoi donc les autres ont-ils eu un non-lieu et parle-t-on faussement de coaction à deux ?

2) si tu rajoutes 11 personnes dans le partage, même si ce n’est pas à parts égales, ce que tu imputes à Siyam et Etonde ne peut pas logiquement être le montant total. On a tous appris les divisions à l’école.

Autre chose sur la « responsabilité ». Avant d’en parler, il faut bien comprendre les fonctions du PCA. Sinon on lui met tout sur le dos en disant il était en haut de l’échelle, il devait être au courant, ça devait passer par lui… C’est inexact. Le PCA ne gère pas la structure et le consulter n’est pas requis pour chaque décision. Il ne négociait pas les contrats, n’attribuait pas les marchés, ne touchait pas aux finances, etc. Si cela avait été son rôle, il n’aurait jamais pu le concilier avec la CUD où il passait tout son temps ! C’est peut-être pour cela qu’on ne pouvait l’accuser isolément. Il a fallu le lier à ceux qui étaient vraiment commis à la gestion quotidienne grâce au mot magique de coaction. Comme ça tu n’as pas à réunir de preuves contre chacun, tu les mets tous dans le même panier et tu multiplies tes chances. Mieux, il y a même des sommes que des TIERS hors PAD ont admis avoir encaissées, mais on les a rajoutées à l’ardoise du PCA (qui n’a jamais traité avec eux) ! 1+1 = 3 apparemment. Tu lis ça et si l’enjeu n’était pas si crucial, tu en rirais tant c’est absurde, tant on saute bizarrement aux conclusions. Mais bon, on ne va pas plaider… Juste clarifier l’essentiel.

Dernier point, le deux poids deux mesures entre le PCA et les autres administrateurs. Ces derniers ont obtenu un non lieu, on l’a dit, alors que pour les mêmes charges Etonde est TGI. Comment est-ce possible ? Si on ignore le fonctionnement d’un CA on va dire c’est normal, il présidait. Mais ça n’a rien à voir. Le PCA n’a PAS plus de pouvoir que les autres. Aux votes, comme eux, il n’a qu’une seule voix et c’est la majorité qui l’emporte. Il peut donc être opposé à une idée ou un projet, mais que ça soit quand même adopté. Par ailleurs, on veut l’incriminer en disant que sa signature est au bas des résolutions. C’est normal, c’est la loi. Le PCA et le secrétaire de séance, en l’occurrence M. Siyam, devaient signer les résolutions. Mais elles avaient été décidées en conseil, à la majorité. Si le CA s’est octroyé des primes indues, comme on dit, comment se fait-il qu’on ne les ait pas tous blâmés ? Pointer Etonde seul pour des décisions collectives ? Sans parler du côté injuste, vous trouvez que ça tient la route, vous ? La prise en compte de la collégialité du conseil aurait voulu que TOUS soient accusés ou TOUS soient exonérés. Si on n’a trouvé aux autres aucune responsabilité sur ces primes, Etonde n’en a pas non plus.

Cameroon-Info.Net: D’accord, mais le système de collégialité n’empêche pas qu’on se désolidarise des cas de non-conformité ? Par exemple les primes d’intéressement, alors que ces primes ne concernent pas les membres du Conseil d’Administration (Le PCA aurait tout de même perçu 33.000.000 de francs pour ces seules primes!) ? Un PCA a tout de même le droit de déposer sa démission dans des cas extrêmes. Qu’en pensez-vous?

S. E. E. : Oui, le PCA pourrait démissionner ou consulter ses supérieurs ou essayer de s’opposer à des cas de non-conformité. Et je suis sûre que mon père (et d’autres dans le conseil) aurait réagi s’il avait été confronté à des abus. Pour les primes d’intéressement, c’est l’accusation qui dit que le CA ne « qualifiait » pas. Mais il y a plusieurs textes et définitions à prendre en compte sinon on tire des conclusions erronées. Une erreur flagrante au sujet de ces primes a d’ailleurs été facilement démontrée à l’audience du 8 mai : l’acte d’accusation affirme qu’elles ont été payées à 25% du bénéfice net, ce qui serait 5 fois plus que le pourcentage fixé par la loi. Or, par un simple calcul à partir du total, M. Siyam et son avocat ont prouvé que c’est bien au 5% légal qu’elles ont été payées ! Le témoin expert était plutôt embarrassé. Le procureur Souley (qui a rédigé ces charges à l’instruction) n’en menait pas large non plus. Quand au public, il n’en revenait pas, paraît-il. Par ailleurs, il ne faut pas loger toutes ces primes à la même enseigne. On fronce les sourcils sur tout ça aujourd’hui parce qu’on est dans un contexte de scandales. Mais la réalité est que la LOI permet au CA de s’octroyer diverses rémunérations et primes et d’en fixer librement le montant. Mais ça les gens l’ignorent. Ils ont juste mal au cœur et à la tête à être assommés de chiffres à zéros multiples. (Où sont les médias d’INFORMATION ?) On peut désapprouver la loi et vouloir que des limites soient fixées, mais pas condamner les administrateurs (surtout pas un seul) ! D’autant plus qu’il y avait parmi eux des représentants de l’Etat. Les choses ne se sont donc pas faites en cachette (ils avaient le droit !) et des exemplaires des résolutions allaient aux ministères de tutelle. S’il y avait un souci, ça aurait dû être relevé et corrigé. Mais indexer le PAD, c’est pointer bien des sociétés publiques ou parapubliques puisque je l’ai dit plus tôt, il était au bas de l’échelle à l’époque où Etonde y était en termes de primes. Enfin, j’ajouterai ceci : on peut encore moins accuser le CA parce que l’organe censé le superviser et éviter les excès ou les erreurs, c’est-à-dire l’assemblée générale, est absent. Depuis la création du PAD en 1999, ses membres n’ont pas été nommés par l’Etat. Bref, le CA usait de ses prérogatives en fixant les primes. Est-ce que ça veut dire qu’il n’y a pas un problème de fond ? Non ! A mon avis, il faut imposer des cadres légaux et financiers plus stricts, comme ça s’est fait ailleurs. Mais là, on n’est pas au procès de la réglementation. Alors il faut admettre que pour ces primes il n’était pas question de détournement ou de manigances. Il n’y avait donc pas raison pour mon père, ou tout autre, de se désolidariser comme vous dites ou de poser sa démission : il n’y avait pas de cas extrêmes ou de non-conformité !

Cameroon-Info.Net: Que souhaitez-vous que les Camerounais qui vous liront retiennent au terme de cet entretien ?

S. E. E. : Hum ! C’est la question la plus difficile de cette conversation… Je veux d’abord vous dire MERCI à tous d’avoir pris le temps de lire ceci. Merci d’aimer notre pays et de désirer qu’il devienne ce dont nous rêvons. Un homme a dit : « J’ai mieux à faire que de m’inquiéter de l’avenir. J’ai à le préparer. » Pour nous, il s’agit d’amener à l’existence des choses qui ne sont pas : un Cameroun plus juste, plus uni, plus vrai, plus démocratique, moins corrompu. C’est une tâche colossale. Mais impossible n’est pas camerounais, n’est-ce pas ?

Toutefois, ce que nous appelons de nos vœux ne s’accomplira jamais dans un climat de HAINE ou d’INDIFFÉRENCE. Si l’amour est aveugle, la haine, elle, rend en plus sourd et muet. Aveugle face à l’autre, sourd à la vérité et muet pour la paix. On croit triompher par elle, puis on s’aperçoit qu’on est ses captifs. Et celui qui vit par l’épée meurt par l’épée. Le Cameroun sera ce que nous en ferons. Faisons les bons choix. En l’occurrence, le choix d’exiger la vérité, pas la vengeance. Le choix de rechercher la vérité, pas la satisfaction immédiate. Le choix d’accepter la vérité, pas le compromis. La VERITE affranchit. De la peur. Du mensonge. De la haine. Du mal…

Aujourd’hui je ne veux pas vous courtiser, vous confronter ou vous convaincre. Je ne suis pas là non plus pour donner des leçons et ne prétends pas avoir toutes les réponses. Je veux simplement entrebâiller la porte du « et si ? », semer un soupçon de doute, d’interrogation. ‘Et si’ a changé le monde et ouvert la voie aux découvertes les plus inouïes de l’humanité. Car les apparences peuvent être trompeuses et il existe des exceptions. La corruption n’est pas une légende. Et si, malgré tout, Etonde n’avait pas volé ? Pourquoi ? PAS parce qu’il est meilleur que les autres, plus fort ou plus vertueux. Mais plutôt parce que ses circonstances étaient différentes.

A sa nomination au PAD, il avait 62 ans. Il était accompli, ses enfants autonomes, sa retraite assurée, par ses décennies de travail. Il n’avait plus rien à prouver, sauf qu’il pouvait être un vrai grand-père gaga et casanier. Il n’avait jamais eu des goûts de luxe, ce n’était pas un fêtard, il ne courait pas le monde. C’est tout ça qui l’a gardé, l’a protégé de la tentation. Tes valeurs peuvent flancher sous la pression, mais si tu es satisfait de ta situation et que tu mesures le risque (en bon militaire, croyez-moi il sait évaluer le danger), tu ne fais pas de folies ! Dit autrement, l’appât peut être le plus appétissant du monde, si le poisson est rassasié, il ne mordra pas à l’hameçon. Surtout pas pour bousiller tout ce qu’il s’est battu toute sa vie pour construire, pour atteindre ! Mon père n’est pas un spéculateur qui a joué à quitte ou double. Il a trop galéré à bâtir sa vie pour la détruire maintenant, à l’heure de la retraite, pour des millions dont il n’a pas besoin ! Vous l’avez découvert quand il est devenu un homme public en 2001 et depuis le cynisme ambiant a fait le reste face à son aisance réelle ou supposée. Conclusion facile, il a puisé dans les caisses. Pourquoi faire ? Il s’était fait à la force du poignet pendant 64 ans ! Nous, on est une génération micro-ondes, on veut tout, tout de suite. Leur génération n’était pas comme ça, ils étaient patients, bosseurs. Chacun de nous a au moins un exemple de ça autour de lui.

Moi, je me souviens des longues années qu’on a passées en location à Akwa Nord à souffrir les embouteillages de la route unique avant que ma mère et lui se disent, la cinquantaine passée : c’est bon, on peut se poser, construisons notre maison. Je me souviens de ses va-et-vient à la plantation et dans ses champs à travailler la terre, à lutter contre les multinationales pour les locaux. Je me souviens de toutes ses heures supplémentaires à la CUD, à bosser à un rythme qui épuisait ses jeunes collaborateurs, à aller sur le terrain. Je me souviens de ses rêves, ses combats pour Douala, sa ville natale, et de ses cruelles déceptions quand ça tombait à l’eau ou ça bloquait. C’est cet homme-là qui serait subitement devenu un pilleur sans foi ni loi ? Cet homme-là qui aurait planté un couteau dans le dos de la nation qu’il s’est voué à servir, avec ou sans uniforme ?

Ce que j’aimerais que vous reteniez ? Edouard Etonde Ekoto n’est pas un ange, puisqu’il est humain, mais ce n’est pas le démon que vous croyez. Ce n’est pas un saint, comme chacun de nous il est imparfait, mais ce n’est pas l’horrible vilain qui vous est dépeint. (A cette allure, il remplacera bientôt le njounjou comme épouvantail par excellence dans l’imaginaire collectif !) Peut-être mon père paiera-t-il pour les années d’impunité et que peu broncheront. Mais je le crois, je le sais, un jour la vérité reprendra ses droits. Peut-être en serons-nous témoins, peut-être que ça sera après nous. Mais au procès de l’histoire, la preuve sera faite.
Ce que je veux dire aux Camerounais ? Dans cette affaire mais par-dessus tout au-delà de cette affaire, ne renoncez jamais aux standards suprêmes de la justice et de la vérité. Poursuivez-les avec acharnement. Car rien, absolument rien, ne vaut la peine qu’on les sacrifie. Aucune ambition. Aucune résignation. Aucune tentation. Aucune passion. Aucune pression. VOUS N’ÊTES PAS APPELÉS À ÊTRE DES ÉCHOS. VOUS ÊTES DESTINÉS À ÊTRE DES VOIX! Trouvez-la, votre voix, et marchez dans la voie de l’intégrité qu’elle vous trace et qu’elle réserve à notre cher Cameroun !

Cameroon-Info.Net : Sandrine Etonde Ekoto, nous vous remercions.

ITW Sandrine E.E ( Deuxième partie et fin)