
"La communauté internationale" s'élève contre ce qui se passe au Tibet, mais observe un silence assourdissant sur ce se passe au Cameroun. Pourquoi ? La raison du Bizness et la géopolitique ne sont-elles pas les principales motivations qui poussent à la condamnation de la Chine ? On peut le dire alors que pouvoir camerounais se comporte de la même manière que le pouvoir central chinois dans la province du Tibet.
A la veille du procès en appel dans l'affaire PAD, qui devrait permettre aux avocats du Colonel Edouard Etonde Ekoto de demander la relaxe de celui-ci, on ne peut ne pas rappeler que les Camerounais n'en peuvent plus de ce pouvoir qui se permet tout depuis 1982. On en voit les conséquences avec l'emprisonnement de ce courageux patriote, qui a probablement eu le tort de penser tout haut qu'il fallait trouver des solutions à l'absence de développement économique et social, la paupérisation croissante de la population, plutôt que d'envisager un éventuel prolongement du bail de Paul Biya à la tête de l'Etat camerounais. Visiblement, ce dernier ne l'entend pas de cette oreille là, ce qui explique pourquoi il se donne les moyens de ses "ambitions", quitte à instrumentaliser la justice à des fins personnelles.
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Le Colonel Edouard Etonde Ekoto, ancien délégué du gouvernement, député du Wouri et Président du conseil d'administration du Port autonome de Douala, a été condamné à 15 ans d'emprisonnement par la justice camerounaise et incarcéré à la prison centrale de New-Bell, depuis le 13 décembre. Malgré l'absence de preuves et des accusations sans fondement, la justice ayant même reconnu qu'elle n'était pas parvenue à prouver les faits de corruption dans la gestion du PAD, l'ancien homme fort de Douala est privé de liberté. Pourquoi? Procès politique? Sans doute ! Justice à tête chercheuse ? Sûrement ! Certains observateurs, à commencer par quelques journalistes, parlent d'une cabale, de règlements de comptes.... A qui profite donc ce verdict scandaleux ?
Sauf surprise de dernière minute, la justice devrait procéder à l'Appel dans l'affaire PAD, c'est pourquoi, il est intéressant de se rappeler de quoi l'on parle exactement. Me Mbongo Martine, avocate du collectif Edouard Etonde Ekoto, a apporté un éclairage intéressant, interview ci-dessous, sur cette affaire toute cousue de fil blanc.
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La corruption, marque de fabrique du pouvoir camerounais? C'est bien ce qu'il faudrait penser après les déclarations de l’ancien ministre de la Fonction publique Garga Haman Adji, qui a affirmé, samedi dernier sur la BBC, lors d'un débat face à Pierre Moukoko Mbonjo, un baron du pouvoir, que ce fléau était lié au système Biya, Chef de l'Etat actuel. Quand on entend ça, notamment de la part d'un homme qui en sait beaucoup, on ne peut que douter, un peu plus, de " l'opération Epervier", qui est présentée comme la " chasse aux prédateurs" ou "pilleurs" des deniers publics.
On disait, encore plus depuis l'emprisonnement arbitraire de l'ancien Délégué du gouvernement, Edouard Etonde Ekoto, que l'opération dite anti-corruption n'était que le cadre, dans beaucoup de cas, à une suite de règlements de comptes politiques.L'ancien ministre de la fonction publique n'infirme pas ce constat.Garga Haman Adji parle même de " 60% des ministres du gouvernement en place qui sont corrompus".
Ce qu'il faut retenir de cette confession, c'est que " L’ampleur (corruption) est telle qu'elle n'est pas mesurable ", a affirmé l'ancien ministre désormais dans l'opposition. Plus inquiétant, selon lui les " gros voleurs" veulent créer une "dynastie financière " face à la " plèbe" impuissante et la " classe moyenne " quasiment aphone. Que fait donc le président Biya ? N'est-il pas temps qu'il montre la voie à suivre, par exemple, en faisant son mea culpa? Il faut croire qu'il n'y pense pas, d'où sa volonté de prolonger son bail à la tête du Cameroun. Comme quoi, il n'y a que le pire à attendre de ce pouvoir là.
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MBOA sur son blog rappelle le proverbe populaire "La vérité est comme les fesses, on est obligé de s'asseoir avec". Cet aphorisme africain prend toute sa signification quand on parle du sort réservé à l'ancien homme fort de Douala, Edouard Etonde Ekoto, par le pouvoir camerounais. Une fois condamné à 15 ans d'emprisonnement dans l'affaire du PAD, à l'issue d'un procès tronqué et fleuve, la justice camerounaise croyait que les arguments mis en avant permettraient de justifier son verdict. Erreur ! De nombreux observateurs de la vie politique locale affirment désormais que le Colonel Etonde Ekoto est LA victime de sordides règlements de comptes politiques, camouflés derrière la "lutte contre la corruption".
Ensuite, c'est au tour de journalistes d'investigation ( il y en a au Cameroun) de faire la lumière dans l'affaire de "l'emprunt obligataire", institution qui aurait dû valoir des éloges à ses initiateurs. Or, aussi surprenant que ça paraisse, ces derniers sont mis en examen pour "escroquerie", et l'ancien délégué auprès de la communauté urbaine de Douala, est carrément frappé d'une "double peine".Tout cela se déroulant dans la plus grande confusion entre les ragots et les insinuations visant sa gestion de la capitale économique.
Et pourtant, comme le relève le journal " le Nouvel Enquêteur", en favorisant "l'emprunt obligataire", la CUD Finances a permis de lever des fonds colossaux, environ 9 milliards, pour faciliter le développement du projet Douala Stock Exchange, bourse des valeurs immobilières. Pis, alors que la propagande officielle parlait de malversations financières, on apprend que le nouveau délégué du gouvernement, le Dr Fritz Ntoné Ntoné profiterait même des moyens mis en place par son prédécesseur. N'est-ce pas lui qui parlait de détournements de fonds commis par l'équipe du Colonel Edouard Etonde Ekoto, ce qui l'aurait poussé à alerter la présidence de la République ? “En effet, dès ma prise de fonction j’ai, après certaines investigations, constaté des dysfonctionnements dans certains marchés réalisés par certains prestataires dont j’ai certaines preuves ; et qui bénéficiaient des faveurs de mon prédécesseur et des facilités à eux accordées par le département des finances pour se faire payer. Tout ceci sans oublier les fortes implications de la commission des passations des marchés et de la direction des grands travaux. C’est la raison pour laquelle je vous prie d’instruire des contrôles d’Etat, ceci dans le but de rester en droite ligne avec l’opération d’assainissement des finances publiques prônée par le chef de l’Etat ” Incroyable !
Comme quoi, la vérité triomphe tôt ou tard, elle saute même parfois à la face des manipulateurs. C'est bien ce que redoute, à une semaine de l'appel dans l'affaire PAD, tous ceux qui ont commandité la chute d'Edouard Etonde Ekoto. "Qui vivra verra", comme on dit.
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Le monde a peur. En Afrique la peur est encore plus grande qu'ailleurs où les émeutes de la faim se multiplient. Face au péril de la famine, les principaux instigateurs de cette catastrophe semblent se renvoyer leurs responsabilités à la face. Plutôt que de faire leur mea culpa et s'attaquer aux causes profondes, c'est à dire la déstabilisation des économies des pays de l'hémisphère Sud, soumis aux pressions des bailleurs de fonds et à la voracité des multinationales qui ont tout misé sur la rentabilité de leurs investissement à court terme, les "grands organisateurs" de la mondialisation sans conscience dissertent pendant qu'une partie de la planète est aux abois. Si la Famine menace de plonger le monde dans le chaos, ce serait, semble t-il, plus grave si les biocarburants issus de produits agricoles alimentaires prenaient le pas sur l'économie basée sur les barils de pétrole. Pour un Strauss-Khan, grand manitou du FMI, "les biocarburants posent un problème moral". Et d'ajouter qu'il faudrait "une réflexion conduisant à un moratoire sur les biocarburants". Autrement dit, il n'y a pas de remise en cause de la mondialisation au service des pays dits riches. Tout va bien !
En réalité, ce qu'il faut, c'est surtout augmenter la compétitivité et la productivité des économies vivrières des pays touchés par la pénurie et la hausse du coût des denrées de première nécessité. Or, ce n'est pas l'intérêt des pays industrialisés qui s'enrichissent en faisant des pays en crise des débouchés pour leurs produits manufacturés. D'autre part, ce n'est qu'en produisant avant tout pour nourrir leurs populations, que qui les rendra moins dépendants des importations, que les pays de l'hémisphère Sud s'en sortiront et éviteront des émeutes de la faim touchant qui toucheront des "Des centaines de milliers de personnes", comme l'a confirmé le directeur du Fonds monétaire international (FMI) très désabusé par la tournure des évènements.D'ailleurs, ce dernier confirme cette analyse en prenant l'exemple d'un pays africain, Le Malawi : "Il faut donc arriver à augmenter la production agricole. Cela suppose plus de surface, cela suppose surtout de dire 'productivité' et en Afrique il y a de très nombreux exemples qui montrent que c'est possible" comme au Malawi, qui a "plus que doublé sa production en deux ans en utilisant les bons fertilisants".Par contre, en ce qui concerne l'utilisation des " bons fertilisants", on peut nourrir de nombreuses réserves, sachant que les multinationales ont trouvé là de nouveaux filons très juteux.
Enfin, puisqu'il est évident que la dépendance alimentaire à l'égard des importations favorise la vulnérabilité des pays désindustrialisés, on ne peut que mieux comprendre pourquoi le Colonel Edouard Etonde Ekoto a misé sur l'économie "verte". Très en avance dans son analyse des rapports Nord/Sud, il confirmait bien qu'il était un visionnaire, annonçant très tôt ce qui se passerait si le continent africain confiait son avenir aux marchés internationaux. Jugez plutôt l'interview qu'il a accordé en 1999 à ECOVOX, au sujet de l'agriculture en Afrique.
Croyez-vous que les Africains devraient continuer à miser sur l’aide au développement ?
E.E.E. : L’aide au développement ? Je n’ai jamais réussi à comprendre ce que c’est. C’est la restitution ou le retour des bénéfices indus récoltés sur nous. Donc, si nous pouvions nous battre pour qu’on arrive à un juste prix de nos produits, nous n’aurions besoin de personne. Il faut que nous arrivions à dénoncer certaines incohérences, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Vous savez parfaitement que quand on vous prête 10 francs, au moins 4 francs retournent chez le prêteur par des intermédiaires multiples. L’aide n’est pas une solution. La solution, c’est qu’en période de libéralisation, il faut un effort accru de chacun et cet effort doit être payé à son juste prix. Dès que nous aurons le juste prix de nos efforts, nous arriverons à atteindre des niveaux de recettes qui nous évitent d’avoir à tendre la main. Un proverbe de l’Afrique de l’Ouest dit d’ailleurs que "la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit". C’est un signe de dépendance. Lire la suite
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"Cabale autour de l'emprunt obligataire". C'est le titre de l'article du journaliste d'investigation Eric Kendeck, qui revient sur l'affaire de la CUD-Finances. Rappelez vous, c'est l'institution créé sous le Colonel Edouard Etonde Ekoto et qui avait permis e récolter plus de 9 milliards sous forme d'emprunt obligataire. Cette initiative avait permis de pallier aux difficultés de trésorerie de l'Etat, ce qui aurait dû valoir des lauriers à l'ancien délégué du gouvernement et ses anciens collaborateurs, notamment Lamine Mbassa et Jean Ndjem. Or, à la surprise générale, ces derniers ont rejoint l'ancien homme fort de Douala au pénitencier de New-Bell. Pourquoi ?Quelle est donc cette main invisible qui en veut tant au Colonel Edouard Etonde Ekoto et à ses anciens collaborateurs? Cette opération audacieuse et innovante, première du genre en Afrique subsaharienne a t-elle gêné certains oligarques du pouvoir ?
D'après Eric Kendeck, un plan visant à neutraliser l'ancien député du Wouri et délégué du gouvernemeent auprès de la communauté urbaine de Douala en raison de son insoumission au système. Selon des observateurs de la scène politique camerounaise, d'une part, le bouillant officier de l'armée à la retraite aurait infligé un camouflet à quelques personnalités qui convoitaient certains marchés de réhabilitation de la ville de Douala. D'autre part, crime de lèse majesté suprême, il aurait contourné les lourdeurs relatives à la CMF (commission des marchés financiers), en transformant l'appel public à l'épargne en placement privé.Tout ça commençait à faire trop aux yeux de ses adversaires. On connait la suite: la rumeur de son éviction se confirmait le 22 septembre 2006, il était remplacé par un homme aux dents longues et surtout soucieux de satisfaire les convoitises de ceux qui ont plongé la capitale économique dans la situation que l'on sait.Le moins qu'on puisse dire, c'est que le "scandale supposé" de l'emprunt obligataire confirme que la justice obéit bien à une "main invisible" A qui appartient-elle donc ? Renseignez du côté du Palais présidentiel camerounais, paraît-il que le locataire actuel aurait beaucoup de choses à confier.
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Quatre mois déjà que le Colonel Edouard Etonde Ekoto est privé de liberté, emprisonné pour raisons fallacieuses à l'issue du verdict du très médiatisé procès du PAD. Depuis, le pouvoir camerounais, puisqu'il s'agit bien lui, tente maladroitement de justifier cette condamnation. Cela n'a probablement pas échappé à un Albert Dzongang, ancien cadre du parti présidentielle et aujourd'hui dans l'opposition, qui estime, à mots couverts, que l'ancien délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala est victime d'une cabale politique.
"A chaque fois qu'il n'existe pas de réponse claire à une question, on se permet de supputer. Quand on a arrêté Etondè, je me suis rapproché du dossier. L'une des choses qu'on lui reprochait, c'était une somme de 500 millions de francs payée à M. Tanko de Bonaberi. M. Tanko a témoigné par voie d'huissier, au sujet de la légalité des prestations…Dans le dossier du port, les membres du conseil d'administration ont avoué avoir touché leur part. Ils sont toujours en liberté… Quand on regarde tout cela, on se pose des questions. Il faut que la justice regarde bien les dossiers, pour ne pas donner l'impression justement, qu'il ne s'agit que de règlements de comptes." Suite ICI
Cette analyse rejoint tout ce que nous avons toujours dit depuis l'incarcération du Colonel Edouard Etonde Ekoto. On ne peut donc qu'encourager d'autres acteurs politiques camerounais à dire tout haut ce que de plus en plus de camerounais pensent. C'est bien tout le mal qu'il faut souhaiter.
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