vendredi 14 mars 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: " LE CALME APRES LA TEMPÊTE"



"Le calme après la tempête". Tel était l'intitulé de la causerie organisée par Son Excellence Lejeune Mbella Mbella,Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Cameroun en France, à la Maison de la presse de Radio France Internationale. Après les émeutes politico-sociales du mois dernier, qui ont été réprimées dans la violence que l'on sait, le pouvoir camerounais essaye de se racheter une conduite. Pour y parvenir, même si le mal est fait, il ne recule devant rien. Après la manoeuvre de diversion relative à l'augmentation de 15% du pouvoir d'achat des camerounais, comme l'a décidé UNILATERALEMENT le président Paul Biya, voici venu le temps des opérations de COM tous azimuts. Il faut bien que la nouvelle conseillère en COM du président camerounais justifie ses émoluments qui feraient rêver tous les africains qui travaillent plus pour ne rien gagner.
Bref, de la rencontre avec le diplomate camerounais,on n'a rien appris comme information nouvelle au sujet des dernières révoltes. Son Excellence Lejeune Mbella Mbella a fait le travail, comme on dit chez les américains, c'est à dire dérouler l'axe de communication soigneusement élaboré depuis le Cameroun. Le contraire eût été surprenant; donc ce qu'il faut retenir tient en quelques points.

1) Les émeutes n'ont rien de politique; c'est l'oeuvre d'agiteurs qui veulent attenter à la démocratie camerounaise
2) La République a su répondre à cette tentative de déstabilisation, en recourant aux forces de l'ordre qui n'ont fait que leur travail. Il n'y a donc pas eu d'arrestations arbitraires, comme l'annoncent plusieurs ONG.
3) Le bilan des émeutes est très important, il reste à évaluer l'ampleur des préjudices et déprédations commis par des "vandales" qui s'en sont pris aux personnes et à leurs biens, sans oublier les infrastructures publiques.
4) Le bilan des victimes humaines est conforme à ce qui a été annoncé officiellement par le gouvernement, c'est à dire environ 40 morts.
5) La fermeture des radios Equinoxe et Magic FM est surtout le fait qu'elles ne remplissaient pas jusqu'ici les obligations requises pour diffuser les informations.
6) Le Cameroun est un pays indépendant, donc il n'acceptera ni commission d'enquête de l'Union Africaine, encore moins une de l'ONU.
7) La question de la modification constitutionnelle se pose effectivement, elle devrait plutôt empruntée la voie d'une ratification parlementaire, ce qui n'enlève rien à son caractère démocratique.
8) Le Président Paul Biya a entrepris une réelle lutte contre la corruption, d'où les arrestations et emprisonnements de dirigeants de sociétés para-publiques. Il n'a aucune "chasse aux sorcières", comme l'affirment certains agitateurs à l'Etranger.

Conclusion, si l'on s'en tenait aux dires de l'ambassadeur du Cameroun en France, on en viendrait même à se demander si les vidéos des exactions commises par les policiers, les corps inertes,les gamins protestant à mains nues devant des forces de l'ordre en panique, les témoignages de personnes, n'étaient pas de grossiers montages faits par les "groupuscules" qui menacent le modèle de démocratie qu'est le Cameroun? C'est ce que l'on appelle un DENI de la réalité, qui va souvent de pair avec les pouvoirs autoritaires. C'est bien le cas du pays des "Lions Indomptables"

L3E


jeudi 13 mars 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: LA BARBARIE ET LE POUVOIR D'ACHAT



"En voilà un qui sait ce que l’amélioration du pouvoir d’achat veut dire : une semaine après les plus graves violences que le Cameroun a connues depuis le début des années 90, le président Paul Biya est sorti de sa torpeur en augmentant de 15 % le salaire des fonctionnaires et en suspendant les droits de douane sur plusieurs produits de
«première nécessité». Le tarif de l’électricité, du téléphone et de l’essence pourrait être aussi revu à la baisse dans les semaines à venir. " Ces lignes ne sont pas extraites d'un journal d'opposition camerounais, mais du quotidien français Libération.
C'est bien ce qu'on appelle prendre les camerounais pour des IMBECILES. En 25 ans de règne, le locataire d'Etoudi a préfèré attendre des émeutes sociales sur fond de ressentiments politiques, de refus de bidouillage constitutionnel, pour jouer les pères Noël. Quel FOUTAGE de gueule !
Au Cameroun, on ne compte plus les exactions, les privations de liberté, les emprisonnements arbitraires et autres atteintes aux droits de l'Homme. Qui pourra oublier que le Colonel Edouard Etonde Ekoto est emprisonné depuis 3 mois, à l'issue d'un procès-règlements de comptes ? Qui pourra oublier que les gamins, mineurs de surcroit, sont condamnés au quotidien par des tribunaux d'exception agissant au nom de la République? Qui pourra oublier que l'on reste sans nouvelle de certaines figures de l'opposition qui ont eu le tort de dire NON à la volonté de Paul Biya de rester au pouvoir au delà de 2011?
Qu'on ne s'y trompe pas, toutes ces décisions ne sont que de vulgaires opérations de COM, normal, il paraît qu'une ex-conseillère de l'Elysée s'occupe désormais de redorer le blason terni du président camerounais. Les Camerounais ne sont pas dupes, même s'ils accueillent avec soulagement des mesures économiques en faveur du pouvoir d'achat, il ne fait pas de doute que leur priorité principal est de voir leur pays débarrassé de sa clique de LIQUIDATEURS, ceux là qui ont plongé leur pays dans le chaos absolu. Suivez nos regards !
On ne doute pas qu'ils suivront scrupuleusement et avec beaucoup d'angoisse ce qui se dira lors de la session parlementaire convoquée ce jeudi prochain et qui devrait être au centre d’enjeux de pouvoir sur la conduite future des affaires du pays, la seule préoccupation finalement "digne d’intérêt", comme l'a si justement souligné A Batongué dans un article repris ICI
Au Cameroun, comme le fait remarquer la journaliste Fanny Pigeaud "Biya apaise les esprits à coups de baisses des prix". Il ne fera toutefois pas oublier que la barbarie de son régime a commis, une fois encore, des assasinats massifs, selon quelques ONG, les représailles des "apprentis sorciers", terme utilisé par le pouvoir, ont fait au moins une centaine de morts, la plupart tués par les balles des forces de l’ordre. Et que dire des 2000 personnes arrêtées au cours de "rafles" dans des quartiers populaires et qui l'ont été sur la base de témoignages fantaisistes ? Ah, c'est vrai, il ne faut plus en parler, le pouvoir d'achat doit tout effacer.

L3E

lundi 10 mars 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: QUE DEVIENT BOOT A NGON ???




Au lendemain de sa condamnation à 15 ans d'emprisonnement ferme, le journaliste H Foimoukon, qui s'est fait le spécialiste du dossier du Colonel Edouard Etonde Ekoto, relatait la panique qui avait saisi la gendarmerie nationale et le pouvoir camerounais dès lors que le verdict avait été annoncé au TGI de Douala. "Le colonel Edouard Nathanaël Etondè Ekotto est un prisonnier encombrant. Avant de le condamner, l’on n’avait pas encore décidé de l’endroit où il doit être placé en détention,d’où cette embrouille", lâchait même un gradé de la gendarmerie nationale. C'est dire si tout est politique dans cette affaire de détournement de fonds du PAD et que le cas réservé à l'ancien homme fort de Douala relève du secret défense. Combien de temps encore ?
D'autre part, de nombreux observateurs ne cessent de soulever d'autres questions sur le bien fondé du procès ayant conduit au verdict tant contesté. Effectivement, en restant logique, on ne peut que se demander pourquoi la justice s'est-elle précipitée pour condamner alors qu'elle reconnaît que les faits de corruption n'étaient pas avérés. Pis, et ça démontre combien le procès du PAD n'est qu'un règlement de comptes politiques , on se demande à qui pouvait bien profiter une incarcération du Colonel Edouard Etonde Ekoto en fin d'année 2008. Fallait-il offrir un cadeau aux Camerounais à l'occasion des traditionnels vœux présidentiels ?
Le père Noël de la République avait-il besoin d'un
"cadeau" qui donnerait du relief et crédit à sa mise en scène baptisée "Opération Epervier" ? C'est bien ce qui apparaît, d'autant plus que l'on ne s'explique toujours pas comment des deux députés, dont l'immunité parlementaire a été levée, le 5 octobre 2006, seul l'ancien délégué auprès de la communauté urbaine de Douala a été jugé dans le cadre du procès du PAD. Qu'est donc devenu Boot à Ngon André, député du Mbam et Inoubou, lui aussi poursuivi pour des supposées indélicatesses dans le dossier du Crédit Foncier du Cameroun? S'est-il volatilisé depuis ? A t-il bénéficié de la clémence du Chef de l'Etat camerounais ? A t-il accepté de cautionner le révision constitutionnelle, chose à laquelle s'est d'emblée opposé le Colonel Edouard Etonde Ekoto en sa qualité de député du Wouri ?

Pourquoi le pouvoir camerounais garde t-il le silence sur le cas Boot à Ngon André, alors qu'il est accusé, lui aussi, d'un Crime, celui de la gestion indélicate, selon le justice ? Le moins qu'on puisse dire, c'est que la justice a réellement choisi de ne réduire au silence, politique et sociale, qu' Edouard Etonde Ekoto, oubliant d'en faire de même pour son ancien collègue au parlement camerounais. Justice télécommandée, dites vous ? Oui. Faut-il conclure que la levée de l’immunité parlementaire de Boot à Ngon André n'était qu'un leurre pour amuser la galerie? C'est ce qu'il faut penser tellement le deux poids, deux mesures,est évident.

L3E

samedi 8 mars 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: JUSQU'OU IRA L'INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE ???



Un observateur étranger,Jacques Barrat,très bien introduit dans les affaires de la FRANCAFRIQUE , déclarait récemment à propos du pouvoir camerounais: "les jeunes Camerounais ont l’âme en peine parce que les ressources naturelles, économiques et financières, sont détournées par les hommes du Renouveau, pour des intérêts personnels..... L’Occident sait par exemple qu’il y a au Cameroun plus de milliardaires que dans toute la France."
Depuis, "les jeunes camerounais" ont bien confirmé ces propos, démontrant ainsi que le Cameroun était une poudrière, un pays où le président de la république instrumentalise tous les pouvoirs, à commencer par la justice qui sert de machine à éliminer tous ceux qui remettent en cause SON pouvoir . Les procès expéditifs et les verdicts fantaisistes liés aux dernières émeutes sociales et politiques sont des témoignages accablants de cette terrible réalité,celle d'un totalitarisme qui avance désormais à visage découvert.

D'autre part, c'est une preuve supplémentaire que la démocratie au Cameroun n'est qu'une illusion, on reparle de l'opération dite "mains propres". Celle ci était censée apporter une réponse ferme aux détournements des biens publics qui exacerbent les tensions sociales dans un pays en pleine paupérisation. Selon l' expression si chère à Paul Biya, lui même, " L'opération Epervier fera que les prévaricateurs rendent gorge". Et si le bon exemple venait d'en haut, histoire de donner plus de crédit aux vagues d'arrestations médiatiquement organisées ? Il ne faut pas rêver. Le président camerounais s'est-il servi de l'opération "mains propres" pour "liquider la moitié d'une classe politique qui l'a soutenue depuis 25 ans ?", s'interrogeait le quotidien Aurore Plus, édition du 11 janvier dernier. On peut l'affirmer, même s'il faut souligner que l'exemple du Colonel Edouard Etonde Ekoto, dont le parcours en tant que homme d'affaires en dehors des sphères du pouvoir, est une exception qui confirme la règle. Fallait-il museler certains barons du régime en vue de l'échéance de 2011? Certains le pensent, sachant que des langues pouvaient se délier et compromettre l'opération de séduction entreprise par le chef de l'Etat pour se maintenir au pouvoir. Les camerounais sont-ils pris pour des cons ? C'est ce que confirme encore mieux Jacques Barrat :" Biya ne se hâte pas pour relancer l’opération Epervier parce qu’il risque mettre le grappin sur ses proches collaborateurs ". Au nom du peuple camerounais, "il faut arrêter les détourneurs des deniers publics", répètent à longueur de journée les courtisans du pouvoir en place. C'est manifestement de l'humour camerounais, rien de plus.

L3E

mercredi 5 mars 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: L'HEURE DE LA CHASSE AUX SORCIERES

L'image “http://www.lepoint.fr/content/system/media/2/20080226/2008-02-26T175758Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRWR-CAMEROUN-EMEUTES-20080226.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

" Ce qui est choquant, c'est que depuis ma garde à vue, aucune visite ne m'est permise, comme si j'avais porté atteinte à la sécurité d'Etat. Pourtant les motifs qui ont entraîné ma garde à vue relèvent du droit commun, et que je ne suis pas encore inculpé. Des perquisitions illégales dans mon domicile, mon bureau et mon véhicule. De ma cellule, le gendarme greffier m'a informé que ma maison, mon bureau et mon véhicule ont été perquisitionnés sur réquisition du procureur de la République sans que je sois présent sur les lieux alors que j'ai été enlevé et il sait bien où il m'a fait garder. Cette perquisition qui a eu lieu le samedi 1er mars me bouleverse car comment comprendre, Excellence Monsieur le Président de la République, qu'un magistrat de ce rang, fût-il soutenu par n'importe qui, ne comprenne pas que les dispositions du nouveau code de procédure pénale imposent que le mis en cause soit présent au moment où son domicile est perquisitionné ou alors un de ses représentants et deux voisins ? Le sous-préfet qui conduisait cette mission, était entouré des gendarmes venus de Nkongsamba à cet effet.
Telle que cette affaire est manipulée, l'ai peur qu'en l'absence de toute preuve contre moi (preuve qu'il n'arrive pas à réunir), jusqu'à ce jour que ce procureur de la République qui multiplie des abus, ne soit amené à me placer en détention préventive pour satisfaire ces manipulateurs occultes déterminés à me détruire.

Excellence Monsieur le Président de la République, l'Etat de droit que vous vous battez à conforter chaque jour, n'aurait plus un sens si chacun ne cherche qu'à satisfaire ses désirs personnels.
Excellence Monsieur le Président de la République, voici cinq jours qu'il ne m'a pas été permis de boire de l'eau, de manger ou de communiquer avec ma famille. Pourtant, je ne suis pas accusé de crime contre l'Etat. Après avoir tout donné au Rdpc en décapitant l'opposition à Njombé Penja, le sort qui m'est aujourd'hui réservé, mérite que vous y accordiez votre très haute attention, afin que de ces geôles, je ne disparaisse pas définitivement.
Je n'ai jamais participé aux violences survenues sur l'ensemble du territoire du 25 février au 1er mars 2008. Au contraire, ma contribution était plus déterminante pour ramener la paix dans ma localité, les Cd-room en ma possession servant de preuves." La suite ICI

Ces passages sont extraits du courrier envoyé au Président de la République par l'ancien maire Paul Eric Kingue. Dans le dernier article ICI, vous pouviez lire que son arrestation était programmée, en raison de son attitude responsable lors des dernières émeutes. Désormais, à l'image du Colonel Edouard Etonde Ekoto, l'ancien maire se retouve en prison. Qu'a t-il fait pour mériter ce sort? Le pouvoir camerounais fera comprendre qu'il a porté atteinte à la sécurité de l'Etat. Paul Biya a bien parlé "des apprentis sorciers qui dans l’ombre ont manipulé ces jeunes ", sous entendu ceux qui voulaient le renverser. Cela démontre combien la paranoïa s'est emparée des commandes de l'Etat.
Comme le rapporte Noé Ndjebet Massoussi, journaliste du quotidien le Messager,dont il faut saluer le courage en ces temps de représailles féroces, "La reprise des activités n’est pas l’hirondelle qui annonce le printemps. Au contraire. Une véritable chasse aux sorcières a commencé au Cameroun". Et de relater justement les déboires de certains camerounais, notamment le cas du maire: "Moins d’une semaine après la sortie du président de la République, une opération de tri est engagée depuis le week-end dernier pour isoler “ les brebis galeuses ” du reste du troupeau. Paul Eric Kingue, maire élu de Penja et responsable local du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), a de gros soucis aujourd’hui. Par l’arrêté n° 00033/A/Minatd/Dctd du 29 février 2008, le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd), Marafa Hamidou Yaya, a suspendu ce magistrat municipal de ses fonctions pour une durée de 3 mois.
Autant dire que ce dernier, malgré sa lettre ouverte au chef de l'Etat, n'est pas sorti de prison. D'autant plus que le pouvoir camerounais, dans sa fuite en avant, agit sans discernement, terrorisant tous ceux qu'il considère comme insoumis à sa volonté, voire opposés à la modification de la constitution. A partir de ce postulat, tout est possible et le pire devient la norme.
Le Cameroun est définitivement tombé très, très bas, comme le vérifie depuis le 13 décembre dernier,l'ancien homme fort de Douala, Edouard Etonde Ekoto, lui qui a rendu tant rendu de services à sa patrie. Comme quoi, ce pays marche sur la tête.

L3E


lundi 3 mars 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: BIYA A T-IL UTILISE SON JOKER ?



A quelque chose malheur est bon, a t-on coutume de dire. Au Cameroun, malgré la chape de plomb qui s'est abattue sur les médias dits libres, le pouvoir n'a pas pu empêcher la circulation de vidéos sur Internet. Résultat: Il a tombé le masque au cours des Quatre jours d'émeutes qui ont ébranlé sa confiance. A l'occasion du procès expéditif et de l'emprisonnement du Colonel Edouard Etonde Ekoto, nous n'avons eu cesse de dénoncer l'INACCEPTABLE condamnation politique qui se cachait derrière le verdict du 13 décembre dernier.
A la lumière de ce qui se passe au Cameroun, c'est à dire des exactions massives, une chasse aux sorcières, le feu vert donné aux forces de l'ordres pour étouffer tout ce qui peut gêner aux entournures un pouvoir aux abois, il ne fait plus de doute que le régime camerounais a définitivement montré son vrai visage.
Un calme précaire étant revenu, par la force des armes et de l'arbitraire, il revient désormais à la justice de rendre grâce au Prince. Et pour ça, il ne manque pas de chefs d'accusation pour justifier les atteintes aux Droits de l'Homme. Comme dans l'affaire du PAD, la justice démontre qu'elle est bien sous le joug du garant des institutions républicaines. Nous l'affirmions, c'est ce que rappelle encore le site Bonaberi.com, en revenant sur le caractère expéditif et aléatoire des sanctions,au point de reposer la question sur la partialité de la justice " Que dire de notre justice ? On a pu voir, que ce corps d’État, était complètement inféodé au concept nombriliste que se fait Paul Biya du Cameroun. En effet, une dizaine de jeunes ont été condamné, en comparution visiblement immédiate, à 15 ans d’emprisonnement ferme..." Et de relater le carnage du 27 février, celui dont la communauté internationale ne parle pas. Il s'agit de la souricière tendue par les forces de l'ordre aux jeunes manifestants sur le pont du Wouri :"Il n’y aurait rien de rédhibitoire, si ces forces de l’ordre n’avaient ouvert le feu sur la foule prise en sandwich, appuyés par des hélicoptères qui n’ont pas hésité à balancer des bombes lacrymogènes sur une foule dépitée, ne laissant d’autre choix, aux plus téméraires, que celui de se jeter dans les eaux tumultueuses du Wouri. Ni Cameroon Tribune et ses immenses moyens, ni la CRTV n’ont couvert ces évènements, pourtant d’une si grande gravité. Fort heureusement, tous les médias au Cameroun ne sont pas partiaux et l’information parvient à filtrer peu à peu.
Pour terminer, le site relate le sort réservé à cette figure du mouvement estudiantin, Jacques Tiwa, connu sous le pseudonyme de NKrumah, ancien dirigeant du " parlement estudiantin" et membre fondateur du Conseil National pour la Résistance, "qui a été lâchement abattu par des mitraillettes. Que lui reprochait-on ? Fomentait-il un coup d’État contre le Président ? Avec quels moyens ? Alimentait-il d'une quelconque manière une rébellion ? Quand bien même, sommes-nous de ces États où les opposants au pouvoir n’ont pas droit à des procès pour faire éclater la justice sur les faits qu’on leur reprocherait ? Au lieu de cela, dans notre pseudo-démocratie, on en est encore à abattre les fils du pays, jusque dans leur propre maison comme du vulgaire bétail".
Aujourd'hui, au delà du spectacle de désolation offert par les villes théâtres d'affrontements entre les révoltés et les forces de l'ordre, il y a des leçons qu'il faut retenir de ces quatres jours d'émeutes sociales et politiques, n'en déplaise au pouvoir camerounais.
D'abord, la justice est le véritable fer de lance de l'oppression politique, ce qui explique les termes pompeux utilisés, à savoir
" Coaction d’activités dangereuses, destruction de bien publics, destruction de bien d’autrui, barricades et vagabondages, défaut de pièces d’identité…",pour noyer ceux qui se sont soulevés contre l'imbuvable autocratie.
Ensuite, c'est la fuite en avant dans une logique de terreur, comme en témoignent les exemples de cet élu Paul Eric Kingué, membre du RDPC et maire de Penja, qui n’a cessé de témoigner sur les exactions de l’armée dans sa localité, qui devrait bientôt se retrouver en prison pour,parions le, "atteinte à la sécurité de l'Etat", ainsi que la disparition de l'opposant Mboua Massock. Qu'est-il devenu ? A t-il été victime d'une balle tirée par un policier qui n'a pas su maîtriser ses nerfs ?
Enfin, et c'est un autre signe positif sur le délitement du pouvoir camerounais, les troubles ont mis en exergue le niveau de désorganisation de l'Etat, qui incapable de calmer par le dialogue le mécontentement grandissant des populations, s'est lancé dans une répression inouïe
des centaines de jeunes dont des adolescents, des étudiants, des élèves, des chômeurs. Conséquence: la communauté internationale serait en passe de lâcher officiellement le président Paul Biya. De nombreux diplomates ont même fait état de leur mécontentement sur la violence aveugle utilisée par le gouvernement pour gérer cette crise sociale et politique. certains diplomates pensent, sous couvert, d'anonymat, que "Paul Biya a grillé son joker, en prenant la parole sans donner des pistes de solution à un malaise social et politique pourtant réel ". D'ici là à penser à une alternative démocratique, tout ce qui donne des cauchemars à l'oligarchie au pouvoir, il n'y a qu'un pas qui sera probablement franchi. Quand ? Le plus tôt serait le mieux pour tout le monde ,le peuple camerounais, donc aussi le Colonel Edouard Etonde Ekoto, condamné très certainement parce qu'il n'envisageait pas que le Cameroun devienne la propriété privée d'une poignée de personnes.

L3E





samedi 1 mars 2008

AFFAIRE ETONDE EKOTO: DES FATWAS EN GUISE DE JUSTICE

Justice : camer.be

"Nous sommes très préoccupés par les violences qui se poursuivent depuis plusieurs jours dans l’Ouest du Cameroun et qui touchent depuis hier la capitale, Yaoundé. Ces violences, d’où qu’elles viennent, sont inacceptables. Nous appelons au retour au calme. Nous souhaitons que le débat politique puisse se dérouler de manière pacifique et démocratique......" Telle est la teneur du communiqué du Quai d'Orsay. La France via son ministère des Affaires Etrangères est sortie de son silence. Peut-elle n'avait-elle pas été informée qu'il se passait des choses pas "très démocratiques" dans un pays qui reste essentiel pour son rayonnement international ?
Puisque nous y sommes, et qu'il semble que Paul Biya ne fasse plus rire le Conseil de l’Union européenne, on en profitera donc pour signaler également que la justice camerounaise, celle qui s'est si bien illustrée pour faire emprisonner le Colonel Edouard Etonde Ekoto dans l'affaire dite du PAD, se fait de nouveau expéditive depuis la fin des émeutes.
On la savait aux ordres du pouvoir, rendant des verdicts fantaisistes et criminels. Elle le prouve une fois encore, en exécutant, comme l'on fait remarquer certains journalistes, des FATWAS. C'est dire combien le Cameroun sombre dans un totalitarisme qui ne prend même plus la peine de se cacher. Est-ce un signe que la fin du régime Biya a sonné? En attendant que cela se confirme, il y a tout lieu d'être inquiet devant la tournure prise par les évènements: "La nouvelle est tombée hier comme un couperet au Tribunal de première instance de Yaoundé. Plus d’une dizaine de jeunes appréhendés par les forces de l’ordre dans cette ville lors des manifestations qui ont secoué le pays ont écopés 15 ans d’emprisonnement ferme pendant que des centaines des gardés à vue attendaient encore d’être jugés......" Suite de l'article ICI
Espérons que la communauté internationale, à commencer par l'union européenne, saura prendre des mesures nécessaires afin de mettre un terme à "l'exemplarité" des sentences prononcées par la justice camerounaise. N'est-ce pas Messieurs Sarkozy et Kouchner ?

L3E